De Gaulle, premier président de la Vème République

La Vème République : République gaullienne ?

  • La Vème République : une République gaullienne ?
    • L’affirmation du présidentialisme majoritaire (1962-1968).
  • La révision de la constitution de 1962 ou la validation ex-post d’une pratique monarchique des institutions.
  • L’élection présidentielle de 1965.
    • 1968-1969 : une fin de règne.
  • Mai 1968 : une /mobilisation multisectorielle.
  • L’échec du référendum de 1969 et la démission de DG.

La guerre finie de Gaulle va pouvoir achever son œuvre par l’élection du Président de la République au suffrage universel direct. Face à de nombreuses hostilités de Gaulle l’emportera.

La pratique du Gaullisme se caractérise par un certain dirigisme et un exercice personnel du pouvoir, qui est ainsi éloigné du principe de collaboration.

Cette pratique quasi césariste du pouvoir peut se justifier de 1958 à 1962 par une contexte de crise, cependant après 1962 une telle pratique se justifie moins.

De gaulle est le premier président de la Veme république

Repères chronologiques (1958-1969) 

Ø  Le 21 décembre 1958, de Gaulle est élu premier Président de la République avec 78,5 %, par un collège de 80 000 grands électeurs. Il succède ainsi à René Coty (dernier président de la 4ème) 

Ø  Le 8 janvier 1959, de Gaulle nomme Michel Debré, Premier Ministre. 

Ø  Le 16 septembre 1959, de Gaulle, dans une allocution télévisée annonce le droit de l’Algérie à l’auto-détermination. 

Ø  24-31 janvier 1960, « semaine des barricades » à Alger. 

Ø  Le 8 janvier 1961, est organisé un référendum sur l’autodétermination : le oui pour l’organisation d’un référendum sur l’autodétermination l’emporte à 75%.   

Ø  Dans la nuit du 21 au 22 avril 1961, a lieu une nouvelle tentative de putsch de la part de 4 généraux de l’armée (Salan, Zeller, Challe et Jouhaud). Les paras s’emparent d’Alger et arrêtent les représentants de l’Etat. 

Ø  Le 17 octobre 1961, une manifestation pro-FLN des Algériens de la région parisienne à Paris est durement réprimée. 

Ø  Le 18 mars 1962 : conclusion des accords d’Evian entre le Gouvernement français et le Gouvernement provisoire de la République algérienne. 

Ø  Le 8 avril 1962, est organisé un référendum pour ratifier les accords d’Evian : 90% des suffrages exprimés de France métropolitaine exclusivement se prononcent en faveur de leur ratification. 

Ø  Le 5 juillet 1962, le jour de l’annonce officielle de l’indépendance, l’Armée de Libération Nationale (branche armée du FLN) massacre les populations européennes et harkis pour les intimider dans la ville d’Oran.   

Ø  Le 22 août 1962, l’OAS organise un attentat contre de Gaulle, connu sous le nom de l’attentat du Petit-Clamart.   

1962-1967 : l’affirmation du présidentialisme  

Ø  Le 14 avril 1962, de Gaulle nomme à la surprise générale, Georges Pompidou, pour succéder à Michel Debré, au poste de premier ministre. 

Ø  Après que de Gaulle a annoncé son intention de passer par la voie référendaire pour modifier la constitution (Article 11 plutôt que l’article 89), l’assemblée générale du Conseil d’État a déclaré le projet anticonstitutionnel, à l’unanimité moins une voix, le 1er octobre 1962. 

Ø  Le 5 octobre 1962, une motion de censure du gouvernement est déposée et adoptée par tous les partis politiques de l’Assemblée nationale à l’exception du mouvement gaulliste. 

Ø  Le 9 octobre 1962, de Gaulle dissout l’Assemblée nationale. 

Ø  Le 28 octobre 1962, la révision de la constitution prévoyant l’élection du Président de la République au SU direct est ratifiée par référendum. 

Ø  Les 18 et 25 novembre 1962, les élections législatives sont une victoire pour l’UNR.   

Ø  L’opération « Monsieur X » est lancée par l’Express, le 19 septembre 1963. Pierre Mendès-France censé bénéficier de cette opération déclina sa participation à l’élection présidentielle. C’est Gaston Deferre qui profita de cette opération ava      nt d’être contraint de se retirer à son tour. 

Ø  Le 9 sept 1965, François Mitterrand annonce sa candidature à l’élection présidentielle. 

Ø  De Gaulle annonce sa candidature tardivement le 4 novembre 1965. 

Ø  Le 5 décembre 1965, c’est le premier tour de l’élection présidentielle. De Gaulle, malgré une participation importante (15% d’abstention), est mis en ballotage. 

Ø  Le 19 décembre, de Gaulle remporte l’élection pour la présidence de la République face à François Mitterrand. 

Ø  De Gaulle prend alors ses distances, et fait sortir en 1966 la France de l’OTAN. 

Ø  Les 5 et 12 mars 1967, les élections législatives marquent la progression des forces de gauches. L’UNR l’emporte d’une courte tête et est obligée de composer avec les indépendants. 

Ø  En avril 1967, le Premier ministre Georges Pompidou forme un gouvernement de rassemblement de la droite. 

Mai 1968-1969 : une fin de règne 

Ø  Dans la nuit du 10 au 11 mai, c’est « la nuit des barricades ». Des affrontements  réprimés ont lieu toute la nuit au quartier latin, des violences, des blessés… 

Ø  Les organisations syndicales « ouvrières », par solidarité « contre la répression policière », se joignent au mouvement et organisent une grande manifestation le 13 mai, qui rassemble 200 000 personnes à Paris. 

Ø  Le 14 mai, les étudiants sont rejoints par les ouvriers : les métallos de Sud aviation, à Nantes, entrent en grève et occupent leur usine. 

Ø  Le 17 mai, il y a déjà 300 000 grévistes et le 18, les 2 millions de grévistes sont atteints. 

Ø  Du 19 au 27 mai, le mouvement se généralise : dans l’industrie, chez les fonctionnaires, les enseignants. 

Ø  Le 22 mai, on dénombre jusqu’à 10 millions de grévistes. 

Ø  De Gaulle veut reprendre la main et annonce le 24 mai un referendum sur la participation (substituer la collaboration des classes à la lutte des classes). Cette annonce n’a aucun effet. 

Ø  Le 27 mai, Etat, CNPF  et syndicats s’accordent sur « le constat de Grenelle », mais ce constat n’a pas été validé par la base de la CGT. 

Ø  Le 28 mai, François Mitterrand tente à son tour sa chance : il fait le constat d’une carence du pouvoir et propose de former un gouvernement provisoire. En vain. 

Ø  Le 29 mai, De Gaulle a disparu (il est parti en Allemagne, à Baden-Baden, consulter le général Massu). Les gaullistes envisagent une manifestation monstre à Paris en soutien au régime. L’armée est disposée autour de Paris… 

Ø  Le 30 mai, de Gaulle annonce : 1) la dissolution de l’Assemblée Nationale et en appelle 2) à une manifestation en défense du régime. Cette manifestation, organisée dans la foulée, est un succès : entre 400 000 et 1 million de personnes défilent sur les Champs-Elysées. 

Ø  Les 23 et 30 juin 1968, les élections législatives sont un triomphe pour l’UDR (nouveau mouvement gaulliste) qui obtient 46% au premier tour. 

Ø  Le referendum sur la réforme du Sénat se tient le 27 avril 1969 et se conclut par un échec pour de Gaulle (le « non » l’emporte avec 53,2 %). De Gaulle démissionne de son poste suite à ce revers puis se retranche à Colombey. 

Ø  Le 9 novembre 1970, de Gaulle décède à Colombey. 

I ) L’affirmation du présidentialisme majoritaire (1962-1968).

Les débuts de la 5ème république sont marquée par des circonstances particulières qui imposent à la classe politique de s’unir, mais c’est une union fantasmée.

La SFIO va taire en partie ses divergence d’avec de Gaulle et sur la pratique présidentialiste du pourvoir.

De Gaulle en avril 1962 procédera de manière provocatrice. Il décide la nomination de Pompidou au poste de 1er ministre pour succéder à Debré. Ceci est considéré comme une provocation, car contrairement à Debré, Pompidou n’est pas un parlementaire, il tire sa légitimité du seul fait du prince. Le 1er ministre est désormais responsable non pas devant le parlement mais devant le président de la république.

On pense alors que de Gaulle veut institutionnaliser un pouvoir exécutif fort. C’est la validation populaire de cette pratique du pouvoir sera ainsi l’enjeu principal du référendum de 1962.

  • La révision de la constitution de 1962 ou la validation ex-post d’une pratique monarchique des institutions.

De Gaulle a une pratique très personnelle des institutions comme de la lecture de la constitution. Il va devenir un spécialiste du gouvernement par décret, pratique qui n’est pas conforme à la lettre du texte constitutionnel.

La révision qu’il propose et qui sera adoptée par référendum en 1962 apparait en fait comme un aboutissement d’une pratique plutôt que comme un commencement.

Cette réforme n’est que la légitimation d’une pratique très personnelle.

Le 28/10/1962 a lieu le référendum de ratification de l’élection du Président au suffrage universel direct. Cette réforme intervient dans un contexte politique particulier, car le clan gaullien est en train de se déliter et sa réélection en 1965 est peu assurée. De gaulle perd le soutien des modérés qui estiment qu’après le règlement de la crise algérienne, il est temps de revenir à une lecture stricte de la constitution qui écarte le césarisme.

Un évènement sera une opportunité pour de Gaulle. Le 22/08/1962 l’attentat du petit Clamart dont de Gaulle est victime, lui permettra de comprendre qu’il est légitime d’offrir à ses successeurs une légitimité en propre qui doit émerger du peuple français plus que du parlement. Il profite de cet évènement pour faire passer sa réforme.

Il utilisera l’article 11 plutôt que la procédure normale de l’article 89. Cela sera fortement critiqué, par des constitutionnalistes, par René Coty (Président du CC), par le conseil d’état et par le sénat.

Le parlement votera une motion de censure contre le gouvernement, ainsi de Gaulle dissoudra l’Assemblée nationale.

La campagne en vue du référendum verra apparaitre un camp du non (excepté l’UNR et les communistes, qui eux sont ni pour ni contre). Malgré cette mobilisation hostile, la révision sera un véritable plébiscite. C’est la fidélité à de Gaulle qui l’emporte sur la fidélité partisane. Durant la campagne de Gaulle a très fortement dramatisé la situation prétendant qu’une défaite conduire au retour des pratiques funestes de la 4ème république. Il rappellera aussi son rôle central dans le règlement des graves crises qui ont marquées la France.

Les législative seront organisées en novembre et seront une confirmation du résultat référendaire. De Gaulle engagera sa responsabilité pour ces législatives. Les adversaires vont signer des accords de désistement qui transcendent largement les frontières gauche/droite, ce qui a pour conséquence de brouiller les repaires des électeurs. Les perdants seront les radicaux et le MRP. La droite devient largement majoritaire. La SFIO et le PCF se maintiendront.

Il y a l’apparition du fait majoritaire, le gouvernement pouvant s’appuyer sur une majorité stable et fidèle, car les gaulliste sont dépendants des ressources partisanes (en terme financier et d’investiture). Se généralise alors la politique de discipline de vote.

On voit ici la reconstitution de 2 camps politiques opposé, celui de l’UNR et le camp de gauche organisé entre la SFI et le PCF. Le parti qui s’affirme au début c’est la SFIO.

  • L’élection présidentielle de 1965.

Ce n’est pas simple pour les partis qui ont défendu le non au référendum de 1962.

Aucune candidature centriste ou de gauche non communiste ne semble alors se dégager. Les seuls autres candidats sont d’extrême droit. C’est dans ce contexte que le journal l’Express lancera l’opération « monsieur X » qui vise à susciter une opposition unique à de Gaulle, le journal soutien Mendès-France et pour l’inciter à s’engager, le journal établit un portrait-robot qui lui ressemble.

Par défaut la candidature se portera sur Gaston Deferre. Cela ne satisfera pas la SFIO ni Guy Mollet. Ils souhaitent que l’alliance soit bâtie sur des conditions strictes et notamment sur un soutien direct à la laïcité. Le MRP et le CNIP qui devaient soutenir Deferre se retirent et Deferre décidera de ne pas se présenter. On se dirige alors vers une élection très tranquille pour de Gaulle.

Cependant, le 09/09/1965, 2 mois avant, Mitterrand annonce sa candidature. Il provient historiquement du centre droit et appellera à l’alliance des forces de gauche et des communistes. Il incarne la nouveauté. Dans une optique de « front populaire », le PCF lui accordera son soutien. La gauche se rassemble alors autour de Mitterrand car personne ne veut affronter de Gaulle.

Les centristes présenteront leur candidat Jean Lecanuet (président du MRP).

De Gaulle laisse planer le doute quant à sa candidature. Il attendra novembre pour se déclarer candidat et il dramatisera une fois de plus le débat.

On assistera au renforcement de la bipolarisation et de la personnalisation de la vie politique. La TV devient un élément essentiel entre les candidats et les électeurs ; Mitterrand et Lecanuet l’utiliseront fortement.

Le développement des sondages d’opinion est aussi marquant. L’IFOP prévoira la mise en ballotage de de Gaulle en 1965. En effet au 1er tour de Gaulle n’obtiendra que 43%, Mitterrand 33,2% et Lecanuet 12% (seulement 15% d’abstention).

Le second tout opposa de Gaulle et Mitterrand. De Gaulle en appelle à tous les républicains et il prendra conscience de la nécessité de s’impliquer dans la campagne. Il obtiendra 55% des voix contre 45% à Mitterrand. L’Etat de grâce de Gaulle est terminé du fait de ces résultats mitigés.

Après les législatives, Pompidou sera contraint de constituer un gouvernement d’union de la droite avec un personnage montant, Giscard d’Estaing.

II ) 1968-1969 : une fin de règne.

On insiste ici sur le caractère multisectoriel de la mobilisation de mai 1968.

C’est une crise nourrie par la jeunesse française, mais elle se propage dans le monde du travail et se traduit ensuite en crise politique de contestation du pouvoir gaulliste.

  • Mai 1968 : une /mobilisation multisectorielle.

C’est la preuve que le pouvoir gaulliste est incapable de maintenir l’ordre public.

Dans les années 1960, l’agitation sociale n’est pas une spécificité française. On va voir d’importantes mobilisations aux USA et en Allemagne (réactivation des forces d’extrême gauche).

C’est dans ce contexte qu’apparait la crise de mai 68.

Le mouvement étudiant prend racine dans la massification de l’enseignement secondaire et supérieur, qui accompagne le développement du besoin en emplois qualifiés (200.000 à 500.000 étudiant de 1960 à 1968).

Cette augmentation se fait sans que les structures universitaires soient modifiées. Une inquiétude quant aux débouchés professionnels se développe aussi.

Parmi cette jeunesse il y a des mobilisations étudiantes avec des aspirations nouvelles. La transformation sociologique de la jeunesse va engager une partie de celle-ci vers la radicalisation politique à gauche, mais une gauche nouvelle (jeunesse communiste révolutionnaire, Maoïsme, anarchisme).

Les nouvelles universités qu’on va construire seront situées dans des zones déclassées, hors les centres urbains historiques, ceci renforcera le sentiment d’inquiétude envers l’avenir de la jeunesse.

Les premiers contestataires seront réprimés, la police pénètre dans l’université, et le mouvement se radicalise.

Dans la nuit du 10 au 11 mais, les contestataires montent des barricades dans le quartier latin. Des affrontements avec la police auront lieu et il y aura des blessés. Le mouvement émeut la population.

Par solidarité contre la répression les organisations syndicales ouvrières rejoignent le mouvement. Le 13 mai une manifestation rassemblera 300.000 personnes. Ce sera un rapprochement entre étudiants et ouvriers. Le 14 mai les ouvriers de la sidérurgie nantaise se mettent en grève. Le 18 mai il y a 300.000 grévistes. Entre le 18 et le 27 mai le mouvement de grève touchera tous les secteurs, on comptera 10 millions de grévistes.

Les syndicats eux-mêmes seront très vite dépassés par le mouvement.

La France est paralysée et des lieux d’effervescence politique se multiplient.

Le 24 mai de Gaulle annonce un référendum, mais cette annonce n’a aucun effet.

Georges Pompidou va choisir de négocier avec les syndicats qui y sont disposés, du fait qu’ils ne sont pas écoutés par les grévistes. Le 27 mai syndicats et patronat s’entendent sur les accords de Grenelle (augmentation des salaires publics de 35% et du privé 10%, reconnaissance accrue du droit syndical, et 4ème semaine de congés payés). La CGT sera contredite par sa base et fait marche arrière en rejetant les accords de Grenelle.

La crise va se déplacer sur le plan politique au sens où petit à petit les acteurs engagés vont tenter de faire ressortir des hommes politiques providentiels. De côté de l’UNEF, du PSU, on cherche à faire ressortir en vain Mendès-France.

Le 28 mai Mitterrand propose de former autour de sa personne un gouvernement provisoire, c’est cependant un échec total.

Le 29 mai le Général de Gaulle disparait. Il est parti à Baden-Baden en Allemagne pour retrouver le général Massu, pour s’assurer que l’armée soit mobilisable si besoin. Massu arrive à le convaincre de retourner en France.

Les gaullistes vont tenter de remobiliser le pays. Ils envisagent d’organiser une contremanifestation. Ils remobilisent aussi l’armée au cas où.

De Gaulle apparait très désemparé et à ses côté Pompidou construira sa légitimité. Le 30 mai de Gaulle dénonce « la chienlit » et il annonce la dissolution de l’assemblée nationale, ainsi qu’une manifestation collective de défense du régime. On estime le nombre de manifestants entre 400.000 et 1 millions, ce sera donc un succès du moins pour la police. De Gaulle joue sur la peur, qui bénéficiera à Pompidou. Au législative les gaullistes obtiennent 46% au premier tour, et l’UNR s’appelle désormais l’UDR (union de défense de la république). Au soir du 2ème tour, une force politique seul obtient la majorité absolue des sièges soit 293 sièges pour l’UDR. Les forces de gauches perdent une partie de leurs députés.

La crise est terminée, de Gaulle profite d’une belle majorité, mais cette victoire n’est qu’apparente.

  • L’échec du référendum de 1969 et la démission de De Gaulle.

La victoire a un gout amer pour de Gaulle, car le grand vainqueur est en fait Pompidou. De Gaulle nommera à sa place Couve de Murville.

En réponse à la crise mènera alors une politique de réforme, mais sa majorité est très conservatrice et se reconnait désormais d’avantage en Pompidou.

De Gaulle annonce des réformes dans l’enseignement, dans le domaine social (reprise du constat de Grenelle) et dans le domaine institutionnel.

Il ressort un vieux projet destiné à transformer le sénat en chambre de soutien aux institutions professionnelles.

Les sénateurs et les centristes y sont opposés. Les syndicats voient en cette réforme le retour à un corporatisme très présent sous Vichy.

Le soutien des gaullistes sera très mou (Pompidou leur favoris s’est déjà déclaré candidat pour les présidentielles de 1972).

Le référendum a lieu le 27 avril 1969 et le NON l’emporte. Tous les opposants vont alors se mobiliser contre ce référendum.

De Gaulle en tire les conclusions et démissionne. En retraite à Colombey-les-Deux-Eglises et y décède en 1970.

  • Conclusion.

Par la crise de 1968 on a des phénomènes de politisation d’idéologisation de la société.

Chaque force politique tentera de décrédibiliser le camp adverse.

Apparaissent aussi de nouveaux acteurs collectifs et de nouvelles revendications qui vont grandir (féminisme, préoccupation environnementales, décroissance économique).

Ces mobilisations seront appelées « nouveaux mouvements sociaux », car elles tournent surtout autour de débats culturels axés sur la place de l’individu dans la société hors intérêts productifs.

On oppose la modernité de certains au paternalisme des autres. Les institutions familiales et scolaires sont ainsi montrées du doigt.

Bibliographie pour la séance :

Ø Jean-Jacques Chevallier, Guy Carcassonne, Olivier Duhamel, Histoire de la Vème République (1958-2012), Paris, Dalloz, 2012.

Ø Vanessa Codaccioni, Punir les opposants. PCF et procès politiques (1947-1962), Paris, CNRS, coll. « Culture & société », 2013.

Ø Jean-Claude Colliard, « Les systèmes de partis ou la Constitution politique de la Vè République », Revue de Droit Public, n°5-6, 1998, pp.1611-1624.

Ø Brigitte Gaïti, De Gaulle, prophète de la Vème 1946-1962, Paris, Presses de Science Po, 1998.

Ø Bernard Lacroix, Jacques Lagroye (dir.), Le Président de la République. Usages et genèses, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1992.

Ø Hugues Portelli, La Vè République, Paris, Livre de Poche, 1994.

Ø Bastien François, Le régime politique de la Vè République, Paris, La Découverte, 2004 (1ère éd. 1998).

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