Géopolitique de l’Afrique

  • Géopolitique de l’Afrique

Zone de conflit marquée mais situation s’est améliorée. Conflits principalement du au problème de l’Etat, des nations, et de l’Etat Nation. Problème du développement. Etymologie : « Afrique » = à l’origine, le terme « provincia africa » désignait seulement la province romaine en Afrique (Tunisie). Lors de l’invasion arabe, terme repris sous la forme « ifricia » – au Sud : « Soudan ». A partir du 16ème, le terme « Afrique » a désigné l’ensemble du continent. Elargissement progressif du terme. Pour certains il désignait « tribus qui vivaient en Afrique du nord près de Carthage », pour d’autre, terme berbère, pour d’autres vient du terme « ifri ».

un certain nombre de fractures en Afrique qui peuvent aider à comprendre conflits qui se sont déroulés en Afrique. Un des problèmes qui se posent à l’Afrique : l’inachèvement de l’Etat, qui a dû mal à exister sous forme d’Etat-nation ou même sous forme de souveraineté.

Réseau In-Terre-Actif - Journée mondiale de l'Afrique

Quelques exemples de problèmes géopolitiques africains


2.1.1. L’Afrique du Sud : des origines à nos jours

¤ Formation de l’Afrique du Sud

Afrique du Sud rencontre entre populations noires et populations blanches, qui ont connu des migrations et des mouvements. Population originelle (avant XVIème siècle) : populations khoï et san qui se distinguent des autres populations noires par une taille petite, un teint clair et la « stéatopygie » (?). Peuples écartés par une grande migration bantoue du nord au sud, de 2 formes : « ordinaire » à la fin du XVIème siècle, mouvement de population bantoue vers le Sud, et militaire au XVIIIème siècle avec « l’épopée de CHAKA » = chef d’une importante fraction de Bantous, les Ngunis, puis donne un nouveau nom à son peuple, les Zoulous, puis crée une armée de métier organisée de manière très stricte et se lance dans un mouvement de conquête vers le Sud, et après sa mort, ses successeurs se heurtent aux anglais. Deuxième grand mouvement de population en Afrique du sud vers le nord : les blancs, les premiers établissements blancs sont des comptoirs commerciaux d’abord fondés par des hollandais principalement comme escale sur la route des Indes, où s’installent des colons hollandais (boers) et même français (paysans, majoritairement protestants calvinistes), pratique du trekking = déplacement des fils qui n’hériteront pas (tradition boer : seul l’aîné hérite) vers le nord, rencontrent les Zoulous d’où conflit, création de petites républiques indépendantes. A l’extrême fin du XVIIème, apparition des britanniques au cap : Grande-Bretagne favorise installation des anciens combattants, qui vont progressivement pousser les boers vers le nord et adoptent une attitude plus libérale (abolition de l’esclavage) d’où grand trek d’une partie des boers vers le nord. A l’extrême fin du XIXème siècle : découverte de mines de diamant et d’or dans une période de conjoncture basse dans production d’or donc sorte de ruée vers l’or, C. RHODES qui lance une compagnie qui lui permet d’être premier ministre de la colonie de Rhodésie du Sud et aussi de Cap donc boers se sentent pris en tenaille par les anglais –> guerre des boers qui éclate en 1899, guerre très difficile, asymétrique, guerre de répression du côté anglais (camps de concentration), victoire des anglais en 1902. Création en 1910 de l’Union Sud-africaine, dominion anglais (= colonie qui a une autonomie, mais essentiellement donnée à la population blanche), gouverneur général qui représente roi d’Angleterre 2 capitales, 2 langues officielles, 4 Etats.

¤ Aspects géopolitiques de l’Apartheid

Mise en place progressive de la politique d’apartheid qui signifie séparation = ensemble des lois mises en place en Afrique du Sud à partir de 1913 et leur traduction territoriale afin de créer un développement séparé des populations blanches et des populations noires. Politique qui repose sur des théories ségrégatives existantes mais théorisation surtout en 1948 avec arrivée au pouvoir du Parti national, représentant les blancs descendants des colons. Série de loi : 1913, zones blanches dans lesquelles les noirs ne peuvent pas acheter de terres, 1923 et 1945 renforcement des lois sur la résidence, les noirs ne peuvent résider que dans des zones spéciales twon ships. 1948 : Victoire du Parti national, renforcement de l’apartheid. Apogée de l’apartheid entre 1958 et 1966, politique systématique avec classification de la population (4 catégories : blancs, noirs, métisses et indiens), création d’un passeport intérieur obligatoire, ségrégation scolaire, développement de l’apartheid mesquin (bancs publiques, toilettes, mariages, relations sexuelles…), grand apartheid à partir de 1959 qui racialise les territoires (développement séparé).

2.1.2. Effondrement de l’Apartheid

  • ¤ Raisons

Attaques extérieures et intérieures. A l’intérieur : organisation multiraciale au départ African National Congress en 1912, qui se radicalise dans les années 1960 et se fait interdire (MANDELA en prison), lutte armée n’a pas réussi à s’implanter. Mais mouvements parfois violents, émeutes surtout en 1960, et 1976 avec émeutes de Soweto (700 morts), répression à chaud et à froid (assassinat de S. BIKO). A l’extérieur : réprobation mondiale mais pas tout de suite car atouts de l’Afrique du Sud, notamment position géographique, ressources (or, diamants), prospérité économique (un des meilleurs clients sur le marché international des armes), arme nucléaire ; d’où bienveillance du bloc occidental dans Guerre froide, mais dégradation progressive de l’image de l’Afrique du Sud à l’étranger : elle a dû quitter le Commonwealth en 1971, isolement dans les années 1980, sanctions de la CEE et des Etats-Unis, d’où inquiétude des milieux d’affaires africains, disparition des aspects les plus mesquins de l’Apartheid à partir de 1979, ouverture envers les métisses et les indiens, arrivée au pouvoir de CLERK en 1983, importance des années 1990 = légalisation de l’ANC et libération de N. MANDELA, et en 1991 = abolition des dernières lois ségrégationnistes (abandon de l’apartheid légales), et en 1994 = premières élections multiraciales et en mai 1996 = élection présidentielle avec N. MANDELA et nouvelle constitution.

  • B) L’Afrique du Sud aujourd’hui

Au temps de l’apartheid, Afrique du sud = rôle dominant dans l’Afrique australe / sur ses plus proches voisins. Deux blocs : Afrique pro-occidentale (Afrique du Sud) et un bloc hostile à l’Occident. Allié de l’Afrique du Sud : Namibie (sous mandat sud-africain). Intérêt de la Namibie : pays en grande partie aride, désert de Namib mais gisements de diamants dont certains, actuellement, offshore. Pays allié de la Rhodésie du Sud (Zimbabwe). Yann Smith : pouvoir blanc. + alliés : Angola & Mozambique (colonies portugaises). L’A du S pouvait aussi compter sur l’aide vicieuse de certains pays d’Afrique occidentale francophone comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Gabon. Commerce. A l’inverse, le bloc hostile plutôt faible : Tanzanie (Rhodésie du Nord), Zambie = mouvement de libération nationale. Appui de l’URSS militaire & politique. Dans les 80’s on va voir le bloc de partisans de l’Afrique du Sud se disloquer peu à peu. Angola & Mozambique deviennent indépendants en 74 après la Révolution des Œillets. Régime de Rhodésie du sud, régime blanc va être remplacé par le régime de Mugabe. Aujourd’hui situation complètement différente, plus deux camps antagonistes. Cet effacement de l’Union Soviétique a facilité le règlement de la question de l’Angola : conflit à la fois interne et de guerre froide. Aujourd’hui, l’essentiel c’est une organisation économique. Quatorze pays. Organisation régionale : SADC (Communauté du Développement du Sud de l’Afrique). Objectifs : développer la coopération économique entre les différents pays qui en sont membres. Dans un premier temps, la SADC visait à réduire l’influence de l’Afrique du Sud du point de vue économique. Aujourd’hui (// Mercosur) c’est l’inverse : on assiste à un retour de l’influence de l’Afrique du Sud.

D’un point de vue intérieur, nous avons vu le passage du pouvoir blanc au pouvoir multiculturel par des élections démocratiques. Trois présidents successifs depuis cette période : Mandela, M’buti et Zuma. Point de vue dominant (à peu près des deux tiers) : parti de l’ANC. Plus de ségrégation territoriale, remplacée par des régions. Les problèmes sociaux de l’A du Sud aujourd’hui = question du pouvoir économique largement dominé par la minorité blanche. 1) Grandes entreprises – Blackisation bien sûr. 2) Dans le domaine agricole pas de réformes agraires, l’essentiel des exploitations sont encore aux mains de la minorité blanche. Ex : Zimbabwe > une réforme agraire assez radicale (situation des exploitations agricoles est aujourd’hui assez catastrophique).

D’un point de vue social : montée d’une classe moyenne noir mais problèmes sociaux encore importants notamment au niveau du logement & de la violence.

  • Afrique centrale & les Grands lacs
    • De la grande misère dans un pays riche : le Congo Zaïre
  1. Un Etat immense, riche, à l’unité précaire

Représente plus de deux millions de kilomètres carrés, second Etat d’Afrique du point de vue de la superficie après le Soudan. Correspond au bassin hydrographique du Congo. Pays ressource au point de vue des ressources. Ressources minières, notamment métaux non ferreux du Katanga et par les ressources diamantifères du Kasaï. Mais assez peu favorisé du point de vue agricole. Pays dont la façade maritime est extrêmement courte (40 km), donc comme les ressources sont situées plutôt dans la partie Est, l’évacuation se fait vers le Sud.

Différences ethnolinguistiques : 300 groupes. Les kongos plutôt situé vers l’embouchure du Zaïre, très nombreux dans la capitale. Autre groupe : les luba au Kasaï. Quatre groupes de langues principaux : Swahili ; T’chikongo.

Différences de ressources entre les différentes régions. Quel a été le passé historique du Congo ?

  1. Du Congo belge au Zaïre de Mobutu

Congo = d’abord propriété personnelle du roi belge Léopold II. Concurrence entre explorateurs soutenus par le roi des belges et ceux soutenus par la France. En 1885, conférence à Berlin, reconnait « l’Etat indépendant du Congo comme possession du roi Léopold II qui en est le Président ». Situation ambigüe. En 1908, il donne le Congo à la Belgique, à partir de ce moment, les belges se lancent dans l’exploitation du pays, principalement minière. Font une place aux anglais et aux sud africains. Principale compagnie : Union Minière du Haut Katanga. Les Belges étaient relativement nombreux au Congo. Dominants dans l’administration, créent des petites entreprises commerciales. Le développement de l’instruction encore plus lent que dans les colonies françaises. La Belgique a moins favorisé la formation d’une élite congolaise que la France. On appelait les congolais qui suivaient des cours les « évolués » mais ils étaient confinés dans des tâches subalternes. Lumumba est devenu commis des postes alors qu’il avait suivi un enseignement primaire. Pourcentage d’africains dans l’école primaire = un des plus élevés d’Afrique mais pas de poursuite d’études. Dans les 50’s, les ? En 55 : établissement d’un plan d’émancipation sur 5 ans. 57 : indépendance du Ghana. 58 : discours de De Gaulle à Brazzaville qui annonce l’indépendance du Congo français. En 58, création du mouvement national du Congo par Lumumba qui proclame le droit du Congo à l’indépendance. En 1959, devant cette situation, le roi des belges (Baudouin) promet l’indépendance pour Juin 60. Dès cette proclamation la situation s’aggrave. En 60, élections donnent la majorité au MNC. En devenant indépendant le Congo va sombrer dans l’anarchie et la guerre civile. Anarchie économique parce que les belges partent en masse – Lumumba tient des propos incendiaires. Du fait de l’inexpérience des dirigeants congolais, anarchie rapidement. Deux Régions veulent se séparer du Congo > Katanga & ?

Lumumba fait l’appel à l’ONU et aux soviétiques. L’ONU va intervenir militairement, envoi des casques bleus de manière brutale, force d’intervention armée. Pendant des années à la suite de cela l’ONU ne souhaitera plus intervenir. Lumumba : figure du Tiers-mondisme. Assassiné en 61 – plongé dans l’acide. Sa mort accentue son côté légendaire. Fidèles de Lumumba plongent dans la lutte armée, notamment Kabila = anarchie. Territoire réduit. Dans ses conditions, arrivée d’un « homme providentiel », Mobutu. Il bénéficie de l’aide de l’ONU et de celle des USA (agent de la CIA ?). Arrive avec ses appuis à pacifier le Congo, il a profité de la mort de ses rivaux. En novembre 65, après plusieurs années de guerre civile, il fait un coup d’Etat et devient l’homme fort du Congo. Mobutu va se lancer dans une politique bien particulière qui est la transformation du Congo en Zaïre : politique d’authenticité. Zaïrianisation du Congo. Au sens propre : changement du nom du pays lui-même (Congo > Zaïre : déformation faite par les portugais), les villes changent de nom, les régions sont elles aussi débaptisées – Katanga devient le Chahar. Traduction du nouveau nom de Mobutu : « défenseur acharné de la terre des aïeux » ou « l’homme qui a beaucoup de poules ». Se met à porter des toques en léopard. La zaïrianisation part d’un bon sentiment > rendre le Zaïre aux Zaïrois. Grandes entreprises nationalisées. Gécamines = nouveau nom du UMHK. Réforme constitutionnelle : Mobutu obtient tous les pouvoirs. Pouvoir personnel relayé par le parti unique du Mouvement populaire de la révolution. Confusion de plus en plus grandes entre finances de l’Etat et fortune personnelle de Mobutu. Au moment de sa mort, fortune personnelle de Mobutu aurait atteint le montant de l’aide extérieure du Zaïre. Zaïre devient un bastion occidental. Devient un des rares chefs d’Etats africains à accepter de coopérer avec l’Afrique du Sud. Sert d’intermédiaire entre les USA et la Chine et les mouvements angolais hostiles au MPLA. Mobutu soutenu financièrement par les USA, la Belgique, la France et même le Maroc. Comment va-t-on passé de Mobutu à Kabila ?

  1. De Mobutu à Kabila (père et fils) : de la reprise de la guerre civile à la guerre régionale

Installation de graves difficultés économiques. Facteurs extérieurs : variation des prix des matières premières. A la chute de l’URSS, minerais zaïrois vont être concurrencés par ceux de l’Ex URSS. Facteurs intérieurs : dégradation de la situation des entreprises nationalisées du fait de l’incapacité des cadres mis en place (clientélisme). Production des cuivres chutent dans les 90’s. Développement de la corruption, inflation très forte et difficulté sociale. La population entre l’indépendance et les 90’s a doublé. Difficultés économiques s’accompagnent de difficultés politiques : tentatives dans les 70’s tournent court. Régime autocratie, pouvoir réduit à une seule personne qui tombe malade. La guerre civile reprend à la fin de 90’s. Provoquée par la persistance d’opposants armés notamment Kabila (le plus ancien des opposants à Mobutu). A l’origine se place dans le camp de Lumumba, anti impérialiste, étudie en Allemagne dans les 50’s et reçoit dans les 60’s la visite de Che Guevara. Deuxième phénomène : déstabilisation dans les régions des Grands lacs avec les évènements du Rwanda. Plusieurs afflux de réfugiés dans l’Est du Zaïre. Entre 97 et 98, poussée militaire des opposants à Mobutu de l’Est vers l’Ouest. Chute de Mobutu, avènement de Kabila > ne fait pas disparaitre les problèmes du Zaïre. Fin 90’s, début 00’s, tous les voisins du Zaïre interviennent dans les affaires internes du pays. Depuis 05, stabilisation mais région encore très instable. Instabilité de population donc instabilité sanitaire, et à cause de la situation au Rwanda.

  • le Rwanda
  1. De la colonisation à l’indépendance

Petit pays, avant la colonisation il y avait deux royaumes > celui du Rwanda et celui du Burundi (géographie & démographie similaires). Existence de deux groupes : Hutus & Tutsis. Selon certains ethnologues, il n’y aurait pas de grandes différences entre ces deux ethnies, pas de grandes différences linguistiques. La raison du conflit résiderait plutôt dans la colonisation belge. Avant la colonisation, il y avait une forte différenciation entre les deux groupes. Différence plutôt sociale qu’ethnique. Quand les Belges arrivent, il y avait une sorte d’aristocratie d’éleveurs : les Tutsis, d’autre part Hutus plutôt paysans, engagés dans un système presque féodal avec les Tutsis. Au sommet le roi, s’appuyait sur la caste des guerriers – les Tutsis. Au Rwanda, roi toujours Tutsi, au Burundi ça dépendait. Dans les 1880’s, colonie allemande puis belge. Toujours pratiquée de l’administration indirecte. Donc pas de colonisation forte en général les terres restent à leur ancien propriétaire & administration s’appuie sur les rois et les Tutsis (renforcement de l’opposition entre Hutu & Tutsi). Indépendance date du début des 60’s, abolition de la monarchie, au Rwanda, prise du pouvoir par la majorité Hutu. Déjà à cette époque massacre de Tutsi. Une partie migre vers les pays comme l’Ouganda, le Congo Zaïre et le Burundi. On va voir se créer un régime dirigé par les Hutus au Rwanda. Parti unique.

En 94, point de départ c’est l’accident d’avion des présidents du Rwanda et Burundi. Cet attentat avait été précédé d’une campagne assez virulente à la radio contre les Tutsis. Après le front populaire rwandais (organisation tutsi) a été mis en accusation, massacre systématique, autour de 800 000 morts. Génocide où participation massive de la population. Mouvement de masse des réfugiés vers le Zaïre (trois millions) avec épidémie. Intervention française et de l’ONU très tardive et ambiguïté intervention militaire/humanitaire. Front populaire rwandais arrive par la suite au pouvoir. Président actuel est soupçonné d’être un des auteurs de l’attentat. Création d’un tribunal pénal international pour le Rwanda qui siège en Tanzanie. Egalement justice locale juge ce cas mais difficulté car beaucoup de monde concerné.

  • La corne de l’Afrique : de religions et de clans
    • La ligne de fracture religieuses et « ethnique » : le Soudan
  1. Une histoire complexe et mouvementée

Soudan= plus vaste pays d’Afrique. Plus de 2000 km au Sud. On peut dire que c’est un pays de contact entre les différentes Afriques. On peut dire qu’il y a trois régions principales à la fois du point de vue humain & géographique : le Nord, le Centre et le Sud. Nord : zone désertique (// sud de l’Egypte) au centre de celle-ci, vallée du Nil. Aussi traditionnellement, domaine des tribus arabes ou arabisées qui ont longtemps vécu d’agriculture et de commerce. Centre : zone sahélienne traversée par le Nil. Domaine traditionnel des tribus noires arabisées et islamisées. Groupes sédentaires, agriculture céréalière et petits élevages. Pasteurs transhumants. Dans régions montagneuses, groupes noirs comme les Noubas non islamisés qui ont gardé leur pratique animiste. Sud : Zone tropicale humide. Savanes inondables lors de la saison des pluies. Plateaux forestiers, domaine des agriculteurs noirs soit animistes soit chrétiens. Si on résume les oppositions du Soudan : opposition Nord/Sud entre groupes arabisés et islamisés et les groupes animistes ou chrétiens. Opposition entre pasteurs et agriculteurs. Opposition entre nomades et sédentaires. Situation idéale mais grand brassage de population au cours des siècles, oppositions plutôt de type culturel perdurent.

Histoire : dans l’Antiquité et jusqu’au 19ème, Soudan = ancienne Nubie des Egyptiens. A plusieurs reprises, le Nord du Soudan a été englobé dans l’Empire égyptien. Après royaumes chrétiens et sultanats. Au 19ème, différentes périodes : période « turque » (car Egypte sous l’autorité de l’Empire Ottoman) > créateur de l’Egypte moderne, M. Ali = un des reconquérant du Soudan. Création de la ville de Khartoum, capitale du Soudan. Période de présence anglaise : pendant cette période, révolte mahdiste. Mahdi : imam qui s’autoproclame messie. (Début 1880). Proclame une guerre sainte contre les égyptiens et les britanniques. En 1890, révolte écrasée par l’armée anglo-égyptienne. A partir de 1898 jusqu’à 1956, Co-dominion anglo-égyptien. 1956 : indépendance contestée par l’Egypte qui a réclamé le rattachement du Soudan, refusé par la G-B.

  1. Depuis l’indépendance : guerres civiles et étrangères

Successions de deux types de conflits. Le principal conflit est contre le Nord et le Sud. Première guerre du Sud en 66 et 72 qui aboutit à un statu quo avec les sudistes, garantit une certaine autonomie du Sud. Seconde de 83 à 05 provoquée par le rapprochement entre le régime soudanais et les partis musulmans, adapte la charia + découverte de pétrole au Sud. Seconde guerre encore plus meurtrière, aboutit à plusieurs coups d’Etats. 89 : coup d’Etat militaire très lié aux islamistes comme El Ouraoui (// Frères musulmans). Ce front national islamique s’appuyait sur l’Iran et voulait développer l’Islam en Afrique. Guerre finie par une sorte d’accord, idée de partage du pouvoir, il devait y avoir un vice président du Sud aux côtés du président du Soudan. Accord fragile probablement bientôt remis en cause.

Conflit du Darfour : région du Sud Est. Pas d’opposition entre chrétiens et musulmans mais plutôt opposition entre ? Massacres avec conflits du Tchad en toile de fond. Mobilisation de l’opinion internationale.

Conflits du Soudan : reflet de la ligne de séparation existante en Afrique entre les civilisations du Nord et du Sud de l’Afrique. Soudan sur la ligne de fracture.

  • L’Ethiopie
  1. Etat chrétien ancien, résistant à la colonisation

Origines mythiques : royaume de la reine de Sabah (qui aurait rendu visite à Salomon). Christianisation qui remonterait aux origines avec idée du peuple élu. Origines réelles : culture très ancienne. Pose un problème de désignation et de délimitation. L’Ethiopie ancienne = l’Abyssinie. Mais pas tout à fait les mêmes frontières. Royaumes existaient dans cette région. Si on considère la période plus récente, on s’aperçoit qu’il y a eu un phénomène de modernisation au 19ème. Capitale fondée par Ménélik, a théoriquement aboli l’esclavage et s’est efforcé de limiter le rôle des grands féodaux. Pour certains, vision d’une reconquête et pour d’autres, colonisation. Habileté diplomatique : règne où grand intérêt porté par l’Europe à l’Ethiopie. Doit faire face à la GB, France et Italie (en Somalie). Ménélik va jouer habilement des contradictions entre ces trois puissances : favorisent les français qui peuvent créer des chemins de fer, laisse les Italiens s’installer en Erythrée… Situation avec l’Italie se dégrade, au milieu des 1890’s, attaque italienne en ? Bataille d’Adoua, victoire des africains. Désastre au retentissement énorme. Ethiopie rendue célèbre dans le monde entier. Permet à Ménélik de faire reconnaitre les frontières par la France, l’Italie et la GB. Remplacé par son petit fils, incapable d’accomplir sa tâche. Finalement, un des chefs féodaux, A. Sélassié qui devient un des rois empereurs, reprend la politique de Ménélik – mélange de politique traditionnelle et moderne, fait adhérer l’Ethiopie à la SDN. Mussolini : souhaite repartir à la conquête de l’Ethiopie. Campagne de 35-36 menée à la gloire de l’Erythrée et de la Somalie. Plus dur qu’il ne pensait, met beaucoup de forces armées sur le territoire, victoire. Italiens ne restent pas longtemps en Ethiopie puisqu’en 41, libération par les Anglais. Entre 36 et 41, les Italiens avaient renforcé la centralisation du pays. Ils l’ont ouvert sur la mer. En 41, retour de Sélassié au pouvoir. On peut se demander si l’Ethiopie va conserver son intégrité territoriale.

  1. Etat en difficulté

Régime politique de 74 à 91 : régime marxiste léniniste de Menjestou. Calqué sur régime soviétique : nationalisation, collectivisation des terres. Politique assez contradictoire puisque politique nationaliste éthiopienne. Naissance de mouvements d’oppositions armées : Erythrée et Ogaden. Aboutissement dans l’indépendance de l’Erythrée en lui donnant accès à la Mer Rouge. Ogaden : peuplée essentiellement de Somalis. Etat amputé d’une partie de son territoire dans les 90’s à la chute de Mentchestou en 91. Somalie est plutôt à l’heure actuelle dans le clan pro américain.

  • Des clans aux bandes : la Somalie
  1. Clans et colons en Somalie(s)

Pays assez paradoxal parce que grands facteurs d’unité comme la langue (Somali, langue kouchitique), la religion (l’Islam – l’islamisation du Nord de la Somalie très ancienne, remonte aux origines, Islam chiite influencé par une tradition mystique, Islam des confréries) et le type de vie traditionnel en Somalie, région en grande partie désertique (activité pastorale, nomade). 60% des Somaliens étaient encore des pasteurs nomades en 70. Il y a aussi des facteurs de division : Nord/Sud. Division géographique > Nord, ensemble de plateaux et de montagnes un peu moins arides, Sud plateaux arides et zone entre deux « fleuves » beaucoup moins aride. La division nord/sud va être accentuée par la colonisation a été colonisée par les britanniques – Somali land -, Sud colonisé par les Italiens – Somalia. Italie y développe des cultures commerciales de coton, de sucre, bananes. Autre élément de division : clans. Clans = groupe de personnes d’après une généalogie commune supposée. Plus ou moins fédérés. Clans d’éleveurs / clans d’agriculteurs. Durant des siècles, les clans disposaient de « territoires » et les conflits internes étaient réglés lors de grandes assemblées. Justice inter clanique. Cependant, à partir du 17ème, système des fédérations de clans va se dégrader, on peut dire que les clans vont se disperser. Tous des clans musulmans mais existence de confréries (groupes de fidèles qui se rassemblent autour d’un derviche soit autour de tombeau de « saints » musulmans). Chaque confrérie se distingue par le mode de recrutement. Opposition entre pasteurs et agriculteurs. Pastoralisme dominant, tendance à la sujétion des agriculteurs par les pasteurs.

Quelques exemples de problèmes géopolitiques africains

  • Géopolitique de l’Apartheid
  •     L’Afrique du Sud : des origines à nos jours
  •    Formation de l’Afrique du Sud
  •    Aspects géopolitiques de l’Apartheid
  •    Effondrement de l’Apartheid
  •   Raisons de l’effondrement
  •   L’Afrique du Sud aujourd’hui

Aspects extérieurs : Afrique du Sud dans le cadre de l’Afrique australe. Au temps de l’apartheid, rôle dominant sur ses voisins les plus proches. Existence de deux blocs : pro-occidental et Afrique du Sud, et hostile. Alliés de l’Afrique du Sud : Namibie (sous mandat sud-africain) = pays en grande partie aride mais aussi gisements de diamants, Rhodésie du Sud à Zimbabwe, ex-colonies britanniques et ex-colonies portugaises. Alliés officieux : certains pays d’Afrique occidentale francophone comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Zaïre ou le Gabon, pour le commerce. Bloc hostile à l’Afrique du Sud plus réduit, ex : Tanzanie, et mouvements de libération nationale ; soutien de l’URSS Alliés disparaissent peu à peu dans les années 1980 : indépendance de l’Angola et du Mozambique, arrivée de R. MUGABE (?) en Rhodésie du Sud.

Aujourd’hui situation différente : plus de camp antagoniste et plus d’URSS, ce qui a facilité le règlement de la question de l’Angola, conflit interne et de Guerre Froide. Essentiel : organisation économique régionale qui comprend 14 pays, SADC (Communauté de Développement du Sud de l’Afrique), pour développer coopération économique entre les pays membres (à l’origine, but de réduire influence économique sud-africaine) mais grande influence de l’Afrique du Sud.

Aspects intérieurs : passage du pouvoir blanc au pouvoir multiculturel par des élections démocratiques (3 Présidents depuis : N. MANDELA, M. ?, J. ZUMA). Un parti dominant, 2/3 des électeurs : ANC (Congrès National Africain). Plus de ségrégation territoriale, remplacée par des régions. Problèmes sociaux : pouvoir économique qui est largement resté entre les mains de la communauté blanche à deux domaines : grandes entreprises et domaine agricole (pas de réforme agraire, alors qu’au Zimbabwe, réforme agraire radicale et catastrophique), domaine social reflet du domaine économique même si montée d’une classe moyenne noire mais encore problèmes de logement et de violence.

  1. Afrique centrale et Grands lacs
  2. De la grande misère dans un pays riche : le Congo-Zaïre
  3. Un Etat immense, riche, à l’unité précaire

Etat immense : plus de 2 millions de km², deuxième plus grand pays d’Afrique après le Soudan, correspond au bassin hydrographique du fleuve Congo. Riche par ses ressources minières avec notamment métaux non-ferreux et diamants, mais assez peu favorisée du point de vue agricole et façade maritime assez courte (problème du manque d’infrastructures de transport). Premier élément de force centrifuge : différences ethnolinguistiques, existence de 300 groupes, avec quatre groupes principaux dont les Kongos et les Lubas. Deuxième élément : différence de ressources entre les régions.

  1. Du Congo belge au Zaïre de MOBUTU

Congo d’abord propriété personnelle du roi belge Léopold II, soutien aux explorateurs. 1885 : Conférence de Berlin reconnaît l’Etat indépendant du Congo comme « possession du roi LEOPOLD II », Président du Congo. 1908 : LEOPOLD II donne le Congo à la Belgique. A partir de 1908, les belges se lancent dans l’exploitation économique du Congo (en faisant une place aux anglais et aux sud-africains) avec notamment l’UMHK (Union Minière du Haut Katanga). Belges nombreux au Congo, dominants dans l’administration, créateurs d’entreprises dans le domaine commercial. Développement de l’instruction encore plus lent que dans les colonies françaises, élites congolaise pas favorisée. Un des pourcentages d’africains dans l’école primaire les plus élevés d’Afrique, mais pas de poursuite d’étude.

Dans les années 1950, projet d’un plan d’émancipation congolaise qui devait s’étalait sur 30 ans. 1957 : indépendance du Ghana. 1958 : discours de DE GAULLE à Brazzaville qui annonce l’indépendance des colonies/du Congo (?) françaises. 1958 : création d’un mouvement national congolais, avec MOBUTU à sa tête qui proclame le droit du Congo à l’indépendance, et émeute à Léopoldville. 1959 : roi des belges promet l’indépendance pour juin 1960.

La situation s’aggrave au Congo, élections en 1960 avec majorité au mouvement national congolais, mais Congo sombre dans l’anarchie et la guerre civile avec indépendance. Armée se mutine, départ des belges de l’économie et anarchie politique car inexpérience des dirigeants. Deux régions dont le Katanga veulent se séparer du Congo. Rébellion généralisée contre le gouvernement de P. LUMUMBA, qui fait appel à l’URSS et à l’ONU, qui intervient militairement mais de manière plutôt brutale. P. LUMUMBA destitué par le Président et assassiné en 1961, ses fidèles (notamment L. D. KABILA) entrent dans la lutte armée.

Arrivée d’un « homme providentiel » : J.-D. MOBUTU, qui bénéficie de l’aide de l’ONU et des Etats-Unis, et réussit à pacifier progressivement le Congo. En novembre 1965, coup d’Etat de J.-D. MOBUTU. Politique particulière, « politique d’authenticité » = transformation du Congo en Zaïre (zaïrianisation). Changement des noms : du pays lui-même qui devient Zaïre, des villes (remplacement de Léopoldville, etc.), des régions (Katanga à ?) et du Président. Aspect économique : nationalisation des grandes entreprises, UMHK à Gécamines (?). Réformes constitutionnelles : MOBUTU regroupe tous les pouvoirs, son pouvoir personnel est relayé par le parti unique Mouvement populaire de la révolution. Confusion entre la fortune de l’Etat et la fortune personnelle de MOBUTU. Zaïre devient un bastion occidental, un des rares pays africains à coopérer avec l’Afrique du Sud, soutien financier et militaire par les Etats-Unis, la France, la Belgique et le Maroc.

  1. De MOBUTU à KABILA (père et fils) : de la reprise de la guerre civile à la guerre régionale

Progressivement, installation de graves difficultés économiques. Facteurs extérieurs : variation des prix des matières premières et concurrence des minerais de l’ex-URSS. Facteurs intérieurs : dégradation de la situation des entreprises nationalisées et chute de la production de cuivre (1990 : plus que 10% de celle dans années 1970). Inflation, corruption et difficultés sociales. Entre l’indépendance et les années 1990, population a doublé. Difficultés politiques : régime autocratique, pouvoir réduit à une seule personne qui tombe malade. Guerre civile reprend à la fin des années 1990, provoquée par la persistance d’opposants armés (notamment L.-D. KABILA = le plus ancien opposant à MOBUTU, dans le camp anti-impérialiste) et déstabilisation dans la région des grands lacs avec les événements du Rwanda qui provoquent un flux de réfugiés dans l’Est du Zaïre. Chute de MOBUTU en mai 1998 et avènement de L.-D. KABILA.

Mort de MOBUTU n’a pas fait disparaître les problèmes du Zaïre. Mort de L.-D. KABILA, remplacé par son fils. Intervention des pays voisins dans les affaires internes de la République démocratique du Congo. Stabilisation de la situation dans cette région mais Est du Congo reste extrêmement instable. Instabilité de population, donc sanitaire, et instabilité à cause des pays voisins.

  1. Génocide africain : le Rwanda
  2. De la colonisation à l’indépendance

Tout petit pays situé dans la région des Grands lacs. Avant la colonisation, existence de deux royaumes : royaume du Rwanda et du Burundi. Débat sur la différenciation de population et sur l’existence de deux groupes, les Tutsi et les Hutus. Première hypothèse : pas de grandes différences, notamment linguistiques, donc raison de leur opposition dans la colonisation belge. Deuxième hypothèse, grande différence sociale entre les deux groupes avant la colonisation. A l’arrivée des belges, existence d’une sorte d’aristocratie d’éleveurs, les Tutsis, et d’un groupe paysan majoritaire, les Hutus, engagés auprès des Tutsis dans un système presque féodal. Au sommet, le roi, systématiquement Tutsi, qui s’appuyait essentiellement sur les Tutsis.

Colonisation : d’abord allemande puis belge, mais toujours pratique de l’administration indirecte. Donc pas de colonisation forte, en général les terres restent à leur ancien propriétaire, et l’administration indirecte s’appuie sur les rois et les Tutsis (renforcement de l’opposition avec les Hutus). Indépendance : début des années 1960, abolition de la monarchie et prise du pouvoir par la majorité Hutue au Rwanda, déjà massacres de Tutsis (migration dans les pays voisins). Système de parti unique.

  1. Génocide

En 1994, point de départ : « accident » (attentat) d’avion du Président du Rwanda, précédé d’une campagne virulente contre les Tutsis. Après, le Front populaire rwandais (organisation Tutsie) a été mis en accusation et ensuite, massacre systématique (autour de 800 000 morts). Génocide, avec participation massive de la population. Mouvement de masse de réfugiés (3 millions) vers le Zaïre, avec épidémies. Intervention française et de l’ONU, très tardive et avec l’ambiguïté entre intervention militaire et humanitaire. A la suite, Front populaire rwandais arrive au pouvoir et y reste (Président actuel soupçonné d’être un des responsables de l’attentat). Création d’un tribunal pénal international pour le Rwanda, qui siège en Tanzanie, et qui juge les responsables du génocide. Egalement justice locale mais difficultés.

  1. La Corne de l’Afrique : de religions et de clans
  2. La ligne de fracture religieuse et « ethnique » : le Soudan
  3. Une histoire complexe et mouvementée

Soudan = le plus vaste pays d’Afrique, 2,5 millions de km². Pays de contact entre les différentes Afriques. 3 régions principales :

  •    Nord : zone désertique traversée au centre par le Nil, domaine des tribus arabes, qui vivent de l’agriculture et du commerce.
  •     Centre : zone sahélienne traversée par le Nil, d’un côté domaine des tribus noires arabisées et islamisées, agriculteurs céréaliers, petits éleveurs et pasteurs transhumants, et d’un autre côté, dans les montagnes, domaine des tribus qui ont gardé leur langue et l’animisme.
  •    Sud : zone tropicale humide, plateau forestier, domaine des agriculteurs noirs, soit encore animistes, soit devenus chrétiens.

Opposition Nord-Sud entre des groupes arabisés ou islamisés et des groupes animistes ou chrétiens, opposition entre pasteurs et agriculteurs, opposition entre nomades et sédentaires. Grands brassages de population au cours des siècles, donc oppositions plutôt de type culturel qui perdurent.

Dans l’Antiquité, Soudan = ancienne Nubie des Egyptiens, englobé dans l’Empire égyptien à plusieurs reprises. Ensuite royaumes chrétiens et sultanats musulmans. Au XIXème siècle, « période turque » ou plutôt période égyptienne, reconquête par les égyptiens (en 1824 : création de la ville de Khartoum, capitale du Soudan). Présence anglaise, qui se traduit par la création d’une administration moderne. Révolte du Mahdi = imam qui s’autoproclame le messie et proclame le jihad contre les égyptiens et les britanniques. En 1898, révolte mahdiste écrasée par l’armée anglo-égyptienne. De 1898 à 1956, période de co-dominion anglo-égyptienne. 1956 : indépendance du Soudan, contestée par l’Egypte qui a réclamé le rattachement du Soudan, refusé par la Grande-Bretagne.

  1. Depuis l’indépendance : guerres civiles et étrangères

A partir de l’indépendance, succession de guerres civiles étrangères. Principal conflit entre le Nord et le Sud. Première guerre du Sud (1966-1972) qui aboutit à un statu quo avec les sudistes. Seconde guerre du Sud (1983-2005) provoquée par le rapprochement entre le régime soudanais et les partis musulman, et la découverte de pétrole au Sud. Encore plus meurtrière que la première, aboutit à plusieurs coups d’Etat et notamment en 1989 par le Front national islamique (lié à des islamistes proches des Frères musulmans), qui s’appuyait sur l’Iran et voulait développer l’Islam en Afrique. Guerre finie par une sorte d’accord qui assurait l’autonomie du Sud et un certain partage du pouvoir, mais accord très fragile, remis en cause peut-être bientôt (vote proche sur l’avenir du Sud).

Conflit du Darfour : pour certains, opposition entre des populations d’origine noire et des populations d’origines arabes, massacres, avec conflits du Tchad en toile de fond. Mobilisation de l’opinion internationale.

Conflits au Soudan reflets de la ligne de séparation existante en Afrique entre les civilisations du Nord et du Sud de l’Afrique. Soudan sur la ligne de fracture.

  1. L’Ethiopie
  2. Un Etat chrétien ancien, résistant à la colonisation

Origines mythiques de l’Ethiopie : royaume de la reine de Sabah ou christianisation qui remonterait aux origines avec idée de peuple élu. Origines réelles : cultures très anciennes mais problème de délimitation de cette ancienneté. Ethiopie ancienne = Abyssinie, mais pas tout à fait les mêmes frontières. Royaumes existaient dans cette région, tradition étatique qui s’est maintenue jusqu’à nos jours.

Phénomène de modernisation de l’Ethiopie au XIXème siècle : règne de ?. MENELIK (?) qui a fondé la capitale, a théoriquement aboli l’esclavage et s’est efforcé de limiter le rôle des grands féodaux. Pour certains, politique vue comme une reconquête et pour d’autres, comme une colonisation. Habileté diplomatique : moment où intérêt de l’Europe grand, donc Ethiopie doit faire face à la Grande-Bretagne, à la France et surtout à l’Italie (à la recherche de colonies), donc ?. MENELIK joue des oppositions entre ces puissances. Dégradation de la situation avec l’Italie, attaque italienne en Ethiopie à partir de l’Erythrée (Somalie) mais armée italienne battue à la bataille d’Adoua. Première fois qu’une armée coloniale est battue par des africains, ce qui permet de faire reconnaître les frontières de l’Ethiopie. Disparition de ?. MENELIK, remplacé par son petit-fils mais incapable, donc arrivée de ?. SELASSIE qui devient empereur et reprend la politique de ?. MENELIK. Mélange de politique traditionnelle et moderne (Ethiopie adhère à la SDN). Volonté de conquête par MUSSOLINI, campagne de 1935-1936 menée à partir de l’Erythrée, victorieuse, mais dès 1941, Ethiopie libérée par les anglais. Renforcement de la centralisation par les italiens, modernisation du pays et ouverture sur la mer. En 1941, retour de ?. SELASSIE au pouvoir, jusqu’en 1974.

  1. Un Etat en difficulté

Régime politique de 1974 à 1991 : régime marxiste-léniniste de ?. MENJISTOU (?). Régime calqué sur le régime soviétique et bénéficie de son appui, ex : collectivisation des terres. Naissance de mouvements d’opposition armés dans deux régions principales, l’Erythrée et Ogaden. ?. MENJISTOU (?) tombe en 1991, ce qui aboutit dans l’indépendance de l’Erythrée en ????. Instabilité constante en Ogaden. Etat qui a été amputé d’une partie de son territoire dans les années 1990.

  1. Des clans aux bandes : la Somalie
  2. Clans et colons en Somalie(s)

Somalie assez paradoxale, car grands facteurs d’unité : d’abord langue, le somali, puis religion, l’Islam (islamisation très ancienne, remonte presque aux origines, islam chiite et des confréries), type de vie, activité pastorale nomade (au début des années 1970 : 60% des somaliens étaient encore des pasteurs nomades). Facteurs de division : d’abord division nord-sud de géographie physique, nord = ensemble de plateaux et de montagnes un peu moins arides, et sud = plateaux arides et zone moins aride de culture irriguée. Division nord-sud accentuée par la colonisation : nord colonisé par les britanniques, présence limitée aux villes, et sud colonisé par l’Italie, développement de cultures commerciales.

Deuxième et principal élément de division : système traditionnel repose sur l’existence de clans = regroupement d’après une généalogie commune supposée. Clans plus ou moins fédérés : clans d’éleveurs et clans d’agriculteurs. Durant des siècles, les clans disposaient de territoires et les conflits internes étaient réglés lors de grandes assemblées ainsi que justice inter-clanique. Mais à partir du XVIIème, système de clans se dégrade, clans se dispersent. Religion aussi facteur de division car existence de confrérie = fidèles qui se rassemblent soit autour d’un derviche vivant soit autour du tombeau d’un « saint » musulman, recrutement généralement clanique.

Dernier facteur d’opposition : entre agriculteurs et pasteurs (dominants).

  1. De l’indépendance à la guerre des bandes et à l’intervention

Après 1942 et le reflux des italiens, réunion des deux Somalie sous la houlette anglaise. En 1950, l’Italie récupère un mandat de l’ONU sur la Somalie du Sud, donc de nouveau division. Obtention de l’indépendance des deux Somalies, nouvelle réunion en 1960. Division : Nord en faveur d’un caractère fédéral de l’union, et Sud en faveur de la centralisation. Centralisation l’emporte.

D’abord contestation des frontières, volonté d’expansion (selon l’étoile du drapeau). Favorisation des mouvements irrédentistes dans les pays où des populations somalies sont présentes. A partir de 1969, arrivée au pouvoir du Général BARE qui installe une dictature.

Deux périodes dans cette dictature :

  •    1969-1977 : période marxiste et adoption du socialisme scientifique, lutte contre les clans et même contre l’Islam. Difficultés économiques aggravées par de grandes sécheresses. Tentative de sédentarisation des nomades. Du côté soviétique.
  •    1977-1991 : « dictature sans boussole », plus de paravent idéologique. Rupture car URSS a préféré l’Ethiopie à la Somalie. Expulsion des soviétiques, tentative de se tourner vers les Etats-Unis mais sans succès. BARE aggrave les rivalités de clans, violente répression contre les clans du Nord. Utilisation du clientélisme. Suite à une grande sécheresse, passage à l’économie libérale. Opposition, développement de milices. Fuite de S. BARE au Kenya.

Quasi disparition de la Somalie en tant qu’Etat par la suite. D’abord éclatement du pays : le Nord prend son indépendance, ainsi que le « Puntland » (?). Reprise de la guerre des clans et apparition de bandes. Atomisation de la Somalie, existence d’une vingtaine de factions rivales dirigées par des seigneurs de la guerre, avec une modernisation de la figure du guerrier nomade.

La violence des bandes, les famines endémiques provoquent une émotion de l’opinion publique en Europe et aux Etats-Unis. Intervention des Etats-Unis sous couvert de l’ONU, opération « Restore Hope » avec débarquement du 4 janvier 1993. Mais réunion des bandes contre les américains. Départ des américains et des casques bleus, d’où reprise de la guerre des gangs. Au milieu des années 1990, développement des mouvements islamistes (« tribunaux islamistes »). Tentative d’intervention indirecte des américains par l’Ethiopie fin 2006 jusqu’à fin 2008. Situation assez confuse, pouvoir réfugié dans la capitale et opposition des clans islamistes.

Conclusion

Changements intervenus en Afrique depuis les années 1990. Conflits, mais d’une manière générale, tendance à diminuer et efforts de médiation de l’ONU relayée par l’Union Africaine et certaines organisations régionales. Efforts qui ont réussi à tempérer les conflits (ex : Côte d’Ivoire). Atouts : ressources en matières premières dans un temps où la demande est importante et encore des possibilités de découverte notamment dans le domaine des hydrocarbures. Amélioration : disparition des dictateurs les plus fous.

Mais aspects plus négatifs : fortes contraintes démographiques, problèmes d’éducation (retard et fuite des cerveaux), problèmes de santé publiques (famines, maladies endémiques, pandémie de sida), dépendance envers les marchés extérieurs et question de l’endettement, phénomène patrimonialisation (= accaparement des ressources par des groupes étroits), divisions internes, instrumentalisation (ethnies, langues) et difficultés d’implantation de la démocratie libérale.

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