Histoire de la philosophie du droit

Qu’est-ce que la philosophie du droit ?

La première tâche de la philosophie du droit est de s’interroger sur la finalité du droit. C’est l’étude et l’analyse des concepts et principes fondamentaux du droit et des lois
Définition positive : La philosophie est l’amour de la sagesse. C’est l’ensemble des doctrines et des réflexions abstraites et générales sur le droit, l’existence humaine et le monde. Cela conduit à s’interroger sur 3 grands points : les origines, la signification et les fins du droit.
Sophia : la sagesse
Philo : amour
L’ontologie juridique : C’est l’étude de l’être.
La déontologie : c’est l’éthique ou la morale. On étudie non pas ce qui est mais ce qui doit être. Comment on doit se comporter. Comment diriger nos vies.
La logique juridique : c’est le raisonnement appliqué au droit.

Définition négative : – nous distinguons sociologie et philosophie du droit :
– la sociologie peut être parfois générale. Il y a une différente entre socio et philo du droit : la socio du droit met l’action sur l’être c’est à dire que la socio du droit conduit à faire des constats, des observations. Le sociologue est celui qui est dans la position d’observateur donc il ne fait que décrire donc la socio du droit est une matière de description, ce qui existe.
La philosophie du droit met l’accent sur l’être et aussi sur le devoir être c’est-à-dire que le philosophe du droit ne se contente pas de dire ce qu’est-ce que le droit d’où il vient, ce qu’il signifie, il va au-delà, il va s’interroger sur le devoir être du droit, il va s’interroger sur ce que devrait être le droit. Donc c’est quelqu’un qui recommande.  Le philosophe du droit s’interroge donc sur les valeurs. On est donc sur la distinction de ce qui est bien et ce qui est mal .Le philosophe du droit se permet de faire des jugements et ne se contente pas de décrire, il fait part de sa subjectivité.

 

Histoire de la philosophie du droit 

Antiquité : Platon, Aristote, Cicéron :
Platon est un philosophe politique : représente le courant idéaliste. Pour lui les Idées sont des réalités. On a le juste, le bien, le vrai, le vrai. Des Idées que le philosophe est le seul à découvrir. Seul le philosophe car il est capable de trouver le bon et le juste est le seul à pouvoir gouverner. Il a fondé l’académie.
Aristote est l’un des premiers philosophes grec à avoir répondu à la question du droit naturel. Il représente plutôt un courant réaliste. Il a fondé le lycée. Il a été l’élève de Platon. Il observe les Constitution des cités grecques et en dégage de grand principe. C’est un réaliste car il part de l’observation de fait, de la constatation. C’est presque l’ancêtre de nos sociologues, de la science politique.
Cicéron est le philosophe romain à avoir dit qu’il existe des lois universelles. Il a été homme politique, juriste : avocat connue pour ces plaidoiries qui sont restés célèbres. C’est un partisan du droit naturel qui a été à la fois influencé par Platon et Aristote qui est un jus naturaliste. Tous ces auteurs établissent un lien entre le droit et la justice. Le droit est l’expression de la justice. La question du droit naturel, les conceptions communs : la question de loi. C’est les grecs qui ont inventé cette notion nomos : ordre.

Moyen Âge :
Période assez troublé. Le point commun c’est l’importance de la religion, du débat religieux.
Saint Augustin, l’augustinisme qui est un auteur fin de l’antiquité début du moyen-âge. C’est une personne qui dans la droite ligne de la religion chrétienne estime que l’homme est marqué par le péché originel. Ce n’est pas quelqu’un de naturellement bon et donc la justice doit parfois corriger ces comportements. Il croit aussi en la loi naturelle mais qu’au-dessus de cette loi naturelle il y a la loi divine : la loi du christ et la loi de Moise.

Saint Thomas d’Aquin est l’un des auteurs qui ont renouvelé la question du droit naturel. Il a donné naissance au thomiste. Au-dessus de cette loi naturelle il y a aussi une loi divine et éternelle. Le grand ouvrage se nomme « La somme théologique ».
Saint augustin a essayé de christianisé Platon, saint thomas a christianisé Aristote. Ils ont essayé de rendre compatible la pensé de grand auteurs de l’antiquité avec la religion chrétienne. Ils font le lien entre la raison du philosophe et la foi du père de l’église.
Guillaume d’Occam est un moine qui n’appartient pas au même ordre religieux que saint thomas. C’est l’un des pères de la notion de droit subjectif, il estime que l’individu est la seule réalité. Le vrai soucie de préoccupation est comment établir la justice dans la cité. Il a fondé le nominalisme. Il estime que finalement beaucoup d’objet dont on parle ne sont que des mots, par exemple la rose n’a pas de substance en soi ce n’est qu’un nom. Tout n’est que mot, la seule réalité qui existe est l’individu.

Renaissance, 17ème siècle et Lumières :
C’est une période, la période moderne, qui a une vision laïcisé du droit. On est face a des auteurs qui croient en Dieu mais commencent plus ou moins à détacher leur vision du droit de leur conviction religieuse. C’est aussi une époque où on développe une vision humanisme des choses.

 Du 17e siècle et des Lumières :

Vitoria ; Suarez => ces deux auteurs ont renouvelle les conceptions du droit naturel ; Grotius lui aussi qui s’est penché sur cette même question du droit naturel, il a laïcisé l’histoire de droit naturel.
Le libéralisme nait au 18ème s. Il va se développé dans le courant du 19ème s. Montesquieu qui a montré son attachement à la liberté politique du citoyen qui justifie la séparation des pouvoirs. Comme Aristote, il apparaît comme l’un des fondateurs de cette discipline de sociologie politique, auteur de l’esprit des lois. Il s’interroge sur les régimes politiques existants, décrit une multitude de société en France et à l’étranger pour en dégager des lois scientifiques. C’est un auteur réaliste.
Emmanuel Kant, philosophe allemand qui a réfléchit également sur la philosophie du droit et d’une manière générale sur la philosophie morale du droit. Il tend à substituer le droit rationnel au droit naturel. Il met l’accent sur la question de la raison.

19ème et 20ème siècle :
Finalement, ce mouvement de laïcisation se poursuit et pour beaucoup d’auteur il n’y a plus de référence à Dieu ni pour certains de croyance en Dieu. La réflexion philosophe s’éloigne des configurations religieuses. La multiplication du courant philosophique. L’utilitarisme est représenté par Bentham, auteur du 19ème s. il défend le système dans lequel ce qui est recherché est le bonheur ou le plaisir, il recherche l’absence de souffrance.
Hegel, « tout ce qui est réel est rationnel et tout ce qui est rationnel est réel. » il met l’accent sur la raison qui doit conduire l’histoire à travers un mouvement ternaire : thèse, antithèse, synthèse.
Marx (droit=expression des classes dominantes). Pour lui le droit est fait par les bourgeois pour les bourgeois sur le prolétariat. Il développé toute une philosophie qui doit aboutir à la disparition de l’Etat et donc de la disparation du droit.
Husserl (phénologie du droit (revenir à l’essence même du droit et des choses
Le positivisme : Auguste Comte (français, un des fondateurs de sociologie) qui a eu plusieurs adeptes Durkheim, Léon Duguit. C’est une doctrine qui se fonde sur les faits sociaux. Qui estime que le droit est issue de la société et non de la nature. C’est à cette époque que la socio prend son essor.
Max Weber (Allemand, l’un des fondateur socio), Kelsen (Grand philo et théoricien du droit), Lévy-Bruhl, Carbonnier (sociologues), Bourdieu (sociologue),
Le normativisme : le fondateur est Kelsen, autrichien, le père de la hiérarchie des normes, la théorie pure du droit.
Le libéralisme (une faible intervention de l’Etat dans la société) qu’on retrouve au 19ème et 20ème s, Hayek, il défend un Etat qui respecte la sphère de l’autonomie de chaque individu.  Il a été poussé encore plus loin par Nozick qu’on a pu qualifier d’ultra libérale. John Rawls «théorie de la justice » paru en 71.

Section 2- la matière aujourd’hui

Il est assez divers, hétéroclite, marqué par de nouvelle idée et philosophie et la permanence de certaine philosophie.

Normativisme et Réalisme
Le normativisme c’est la doctrine du droit de Kelsen. Aujourd’hui la majorité, le plus grand groupe des auteurs actuels en France est normatif. La doctrine constitutionnel de droit public semble principalement normatiste probablement car Kelsen est un juriste de droit public et qu’il a marqué les auteurs de droit constitutionnel. Comme défenseur du normativisme un auteur qui s’appelle Otto Phersmann qui estime que chaque norme fait partie d’un système juridique globalement efficace : chaque norme tire sa validité de sa conformité à la loi supérieure.
Un autre courant a pu se distinguer : le Réalisme qui vient des Etats-Unis et qui est défendu par Michel Tropère qui accorde une grande importance au juge, car il estime que c’est lui qui fait le droit. Il transforme un texte en norme. D’un autre coté il peut y avoir des recoupements ; Michel Tropère est un réaliste mais il a pu défendre certain aspect de la pensé de Kelsen.

Positivisme et Jusnaturalisme
On est dans une tradition : les positivistes sont représentés par les normativistes et les réalistes comme Amsenck qui estime que le droit se réduit au droit positif. On peut distinguer 2 catégories : les jusnaturalistes de droite plutôt conservateur et les jusnaturalistes de gauche, progressiste comme Dworkir. C’est un auteur qui a voulu défendre une théorie du droit naturelle mais qui est fondé sur des conceptions progressistes. Cette distinction structure toujours le paysage intellectuel français. Le positivisme connait avec la théorie des droits de l’homme un nouvel essor avec cette idée de droits fondamentaux qui appartiendrait à tout homme. C’est un débat dont on parle moins.

Le post modernisme
C’est une philosophie intéressante car elle est d’origine française. C’est une branche des sciences humaines qui a pour auteur des auteurs français et qui a une influence déclinante en France mais elle a beaucoup influencé les américains dans les années 70 et 80. Foucault, Deleuze, Dérrida qui ont eu pour but de critiquer certain aspect de la modernité. Ils ont deux cibles : le sujet, les traditions. Dérrida est le philosophe de la déconstruction. En droit c’est une philosophie qui a une certaine influence. Un auteur comme Chevallier a écrit un ouvrage sur l’Etat post moderne. C’est une philosophie qui s’attaque à l’Etat, à la Nation, à la définition de l’humain d’où des théories sur la gouvernance, la théorie du genre. Certains parlent de Post démocratie, qu’on retrouve beaucoup en ce moment. Certains vont même jusqu’à dénoncer cette philosophie comme idéologie.

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