Les institutions de la Gaule-romaine

Les Institutions publiques gallo-romaines.

Rapide histoire de la Gaule :

-122 Rome annexe la Gaule transalpine dont la capitale est Narbonne.
  -52 défaite de Vercingétorix à Alésia
annexion par Jules César de l’ensemble de toute la région qui s’étend des Pyrénées au Rhin.
  -15 son successeur, Octave, qui se fait appeler Auguste, organise l’administration du pays, à Lyon

Qu’est-ce que la Gaule, avant les francs avant Clovis.

7 à 10 millions d’habitants, territoire conquis par Rome à l’époque de la République aux 1er et 2ème siècles, dans sa partie sud (118 avant JC). Cette province obtient un statut fort de province romaine et c’est dans ce cadre que s’effectue la romanisation d’abord des élites puis de la population.

La seconde phase de la conquête de la Gaule, c’est la conquête de la Gaule dite Chevelue par César (proconsul romain, qui obtient de -58 à -49 le proconsulat de la Narbonnaise). Il constate que la Gaule plus au nord est instable et factieuse et il pense pouvoir y mettre bon ordre ce qui devrait lui donner un grand pouvoir en levant des légions. Il plaide sa cause devant le sénat, qui le croit et débutera alors la guerre des gaules. Dans la gaule chevelue il obtient un proconsulat de 5 ans. Par la suite le sénat est réticent au renouvellement du proconsulat de césar. César est le chef de file des Populares. Le sénat est plus favorable à Pompé (proconsul d’Espagne pour 20 ans) qu’à César. César décide d’aller à Rome avec ses légions, ce qui ne s’est jamais vu. Il franchit le Rubicon entrant dans l’illégalité (aléa jacta est). Le processus de romanisation est donc ainsi engagé.

Il reste un espace non encore conquis, les Alpes où les tribus refusent de laisser le passage des cols aux romains qui n’ont comme point de passage vers la Gaule que la voie maritime (Fréjus port de guerre). La guerre continue entre Rome et ces tribus, le but étant d’ouvrir une voie terrestre. Ce sera Octave Auguste qui commencera la conquête des Alpes qui s’achèvera en 14 après JC (trophée d’Auguste à la Turbie, liste des tribus ralliées à Rome – Cimiez ville Romaine).

C’est dans ce cadre géographique que prendra corps la France.

Si on peut faire commencer la France à Clovis, cela implique que Rome est demeurée présente durant 5 siècles.

Cette histoire n’est pas linéaire, il y eu des accidents, de nombreuses révoltes.

Vercingétorix fut le rival de César au cours de la guerre des Gaules. César devra expliquer au sénat cette rivalité, ainsi César n’aurait-il pas gonflé cette rivalité, un adversaire lui étant indispensable pour obtenir plus tard le triomphe à Rome.

NB : Institution, c’est ce qui dure et sert de cadre à une pratique. Tout commence par un évènement, puis il y a une structure, puis le temps de la conjoncture liée à un autre évènement mettant un terme à une institution.

L’évènement qui met un terme à l’institution romaine, c’est la déposition de l’empereur d’occident (empire d’occident pauvre face à un empire d’orient fort). Des peuples barbares (germains) envahissent l’empire, parmi ces peuples, des guerriers obtiendront des postes dans l’armée romaine et observeront la décrépitude et l’inefficacité de l’empire avec déception. C’est le général Odoacre qui prendra la décision de déposer Romulus Augustule (enfant) pour mettre de l’ordre dans l’empire. Cette déposition en 476 est un évènement qui met un terme à la structure.

§ 1. Le pouvoir impérial.

A. La nature

Ce pouvoir pendant 5 siècles ne présentait pas de continuité. Il y a une distinction entre le principat et le dominat.

1. Le principat.

Princeps : premier des citoyens (Octave Auguste). Il assume à lui seul toutes les magistratures de Rome. Il doit continuer à diriger Rome au moyen et avec les institutions républicaines encore en place, le Sénat, les magistratures.

On qualifiera ce régime de diarchie qui tournera à la monarchie.

Le tournant est pris au 3ème siècle.

2. Le dominat.

Le maitre qui dirige sans partage. C’est une influence orientale.

Ces pratiques sont issues de l’empire d’Alexandre le Grand (monarchies hellénistiques, où le souverain est une quasi divinité comme chez les pharaons).

Alors que les romains avaient toujours combattu la divinisation du pouvoir, les voilà gagnés à cette idée.

A partir de 311 et de 380, l’arrivée du christianisme changera la donne, imposant à l’empereur de rejeter sa divinité. Mais cela n’enlève rien à la toute puissance impériale.

En termes de liberté politique Rome n’a pas gagné par rapport à la République.

B. L’organisation.

1. Unitaire.

Le pouvoir impérial sous le principat a une organisation unitaire, Rome est le centre des décisions.

A la tête des provinces se trouvent les gouverneurs. Les conquêtes sont administrées dans des cadres territoriaux.

L’empereur fait exercer son pouvoir par des intermédiaires, comme les ministres (préfet du prétoire).

2. Partagée.

Au 3ème siècle, après une période de trouble on partage l’empire en 2 parties. On y place 2 empereurs égaux, chacun légiférant pour sa partie. Constantinople prendra de plus en plus d’importance. Au 4ème siècle Constantinople est la plus riche.

A l’époque de dioclétien on invente une nouvelle forme de gouvernement, tétrarchie. Il y a 4 empereur, 2 Césars (capitales annexes, en Europe la Capitale sera Trêves, puis au 5ème siècle à Arles) et 2 Augustes (Rome et Constantinople).

§ 2. L’administration de la Gaule.

A. Les provinces

1. Sous le haut empire.

Sous le haut empire, les provinces sont divisées en 2 catégories :

Les provinces sénatoriales : les plus anciennes où il y a une stabilité (narbonnaise et Sicile). Le Sénat les administre mais n’y a pas de pouvoir militaire (pas de légion active).

Les provinces impériales : dirigées souvent par des procurateurs. On y trouve une présence militaire (provinces alpines).

2. A partir de Dioclétien.

Progressivement cette distinction s’effacera. Dioclétien, procède aux premières réorganisations provinciales. On va dans le sens d’une réduction de la taille des provinces.

La Gaule sera divisée en 17 provinces, regroupées en diocèses laïques. Les diocèses sont regroupés en préfectures. La préfecture des Gaules regroupe les 2 diocèses des Gaules, ceux d’Espagne, d’Angleterre et du Maroc.

B. Les cités.

C’est un territoire au centre duquel il y a une ville.

1. Organisation.

Parmi ces cités certaines ont toute la citoyenneté romaine, d’autres n’ont que le droit latin, mais toutes ont vocation à accéder à la citoyenneté romaine. L’édit de Caracalla ne fait que consacrer cette situation.

3 pouvoirs :

  • Une assemblée de la population
  • Des magistrats élus par l’assemblée, qui dirigent la ville au jour le jour.
  • Un sénat local (curie), composé des magistrats sortis de charge.

2. Evolution

Le changement sera général, notamment dans la préfecture des Gaules. Ce qui change c’est le durcissement des administrations. Le bas empire met en place un dirigisme, se débattant face aux difficultés. L’empire demande de plus en plus et provoque des déséquilibres dans l’administration des cités, des révoltes.

Une institution, le « defensor plebis », sera chargé de défendre le peuple contre les dirigeants de la cité. Ceux qui voudraient prendre des responsabilités municipales les fuient. Les élites fuient les cités. Les cités s’appauvrissent, on cesse de construire de grands monuments, seul seront édifiés des remparts face à l’insécurité croissante.

Dans cette désorganisation subsistera le pouvoir de l’évêque, seule référence administrative encore cohérente.

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