La monarchie absolue est-elle arbitraire ?

La monarchie absolue est-elle arbitraire?

Parlement de Paris en 1788:  » Votre souveraineté, majesté, est pleine et entière ». On peut dire qu’elle est absolue en ce que elle est indépendante de toute autorité humaine. « Mais il ne s’ensuit pas pour autant que votre gouvernement puisse être arbitraire ». Ici se trouve la limite à la construction. La limite est prononcée par le Parlement qui est le gardien des libertés et des traditions.

Il existe des principes supérieurs pour encadrer l’action du monarque même si du vivant de celui-ci, ces principes sont dépourvus de sanctions terrestres.

  • 1) La loi divine

Le roi est le garant de l’ordre divin. La contrepartie est que, en théorie, il est le seul à rendre des comptes, le jour venu, devant Dieu.

Le roi reçoit beaucoup de Dieu mais doit également donner beaucoup.

Dieu est un tribunal devant lequel le roi est comptable de sa bonne gouvernance sur la Terre.

L’ordre divin est un frein à l’absolutisme royal.

Conscience chrétienne due à l’éducation que le roi a reçue et qui est propre à exalter chez lui toute sa vie la piété >>> Vertu cardinale.

Il est recommandé au futur roi de ne rien lire en dehors des évangiles.

On attend de lui qu’il ait toutes les vertus .

La politique et la morale sont indissociables.

La vie du monarque devra être modèle:

  • -Sagesse
  • -Humilité
  • -Miséricorde
  • -Charité
  • -Chasteté

Le roi doit mener une vie de Saint.

Sur la chasteté, Bossuet qui vit à l’époque de Louis XIV écrit:  » il faut être patient, attendre que le roi s’en rende compte, et ne jamais perdre espoir, il faut s’en remettre à la providence ».

  • 2) Les principes supérieurs qui doivent conduire le roi

 

Le roi exerce les pouvoirs de la puissance publique au nom de l’Etat.

  • A) La conception royale de l’Etat

Le roi n’est pas l’Etat. Louis XIV n’a pas pu dire  » L’Etat, c’est moi ». Peut être a-t-il dit: « Je meurs mais l’Etat demeure ».

Le roi est le représentant d’un Etat qui s’est bâti depuis la fin du 12ème siècle.

Cet Etat représente les intérêts de tous les sujets et est une création de la royauté.

Royauté qui améliore le fonctionnement et la permanence de cet Etat qui est une construction juridique et abstraite qui procède de la Respublica et qui dépasse donc la volonté de ceux qui gouvernent.

L’Etat est une entité supérieure.

Cardin Lebret:  » Le roi est le tuteur de la République, là où se trouve la souveraineté qui appartient à l’Etat le roi, qui qualifié de souverain, exerce ce pouvoir souverain au nom de l’Etat et par l’Etat ».

Affirmer l’absolutisme de la souveraineté ce n’est jamais qu’affirmer l’absolutisme de l’Etat.

Les intérêts du roi doivent s’effacer devant ceux de l’Etat.

Le roi est le serviteur de l’Etat, un serviteur au service de la communauté.

  • B) Le bien de la communauté

Le bien public s’inscrit dans le prolongement d’une notion qui remonte au 14ème siècle.  » Le commun profit » est proclamé par les théoriciens du pouvoir et les monarques >>> « Les rois doivent n’employer leur puissance qu’au bien public ».

Louis XIV écrit: « Le bien public pour qui seul nous sommes nés ».

Le roi doit respecter ses sujets.

Obéir au roi, servir l’Etat est un devoir absolu dans la mesure où le roi est guidé par le souci du bien public.

Cette puissance est d’abord légale car fondée sur des lois qui encadrent les actes du Gouvernement.

Ces lois sont fondées sur la raison et sur l’équité.

Des lois qui s’imposent au roi par leur caractère naturel et surtout supérieur. Qui font de la puissance royale, une puissance raisonnable qui doit être paternelle.

« Gouverner, c’est être aimé de ses sujets ». Etre aimé afin de respecter leurs libertés sauf si l’intérêt général dont le roi est le protecteur naturel passe avant les intérêts particuliers. C’est la raison d’Etat.

Louis XIV a pu écrire:  » le bien public se doit préférer à la satisfaction des particuliers ».

La source du bien public peut conduire le roi à supprimer certains privilèges au nom de la raison d’Etat.

Ce bien public peut conduire le roi à ordonner l’exil ou l’embastillement.

 

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