La monarchie de Juillet

La monarchie de Juillet et le triomphe du libéralisme conservateur.

Intro : la monarchie de Juillet va être héritière de l’évolution institutionnelle et constitutionnelle en direction du parlementarisme. Le parlementarisme esquissé, implanté dans les esprits sous la Restauration, la monarchie de Juillet en est l’héritière et va consolider cet héritage. La révolution de 1830 fait que la France renoue avec le fait révolutionnaire… elle permet aux républicains de reparaître dans l’espace publique. De toutes les révolutions du XIX, celle de 1830 est la seule qui fait l’unanimité et dans laquelle les valeurs sont partagées par la bourgeoisie et la classe ouvrière, populaire. Au fond, si ce sont les métiers qui font la Révolution, la bourgeoisie l’accepte. Deux périodisations sont possibles : dans le prolongement de la crise provoquée par le début de remise en cause du ministère Villèle en 1827, dans le prolongement du cycle révolutionnaire avec une pré-révolution et une post-révolution, se prolonge jusqu’en 1835 car il faudra 5 ans à la monarchie de Juillet pour se débarrasser de ses adversaires mortels (les républicains). En 1835 et 1846 il y a une période de stabilisation du régime, la situation économique est plutôt favorable. A partir de 1846 il y a une confluence de facteurs négatifs, des facteurs économiques, sociaux, internationaux sur le foyer de nouvelles pensées politiques, puis une remise en cause qui aboutira à la révolution de 1848.

De 1830-1840 → instabilité politique, l’enjeu étant pour le Roi de manipuler les gouvernements de façon à se créer pour lui une sphère d’activité royale autonome.

A partir de 1840 → les ministères sont stables dans la durée, Louis-Philippe trouve en Guizot l’homme de la stabilité et du coup, le Roi va pouvoir exercer son pouvoir dans le champ qu’il se réserve tandis qu’il délègue au Ministère un champ d’exercice limité.

→ Dualisme de l’exécutif et toujours par la double responsabilité des ministres, cette fois vis à vis des chambres et vis à vis du Roi.

les ambiguïtés politiques de la monarchie de Juillet

En trois jours, le régime de Restauration de Charles X est renversé et après une dizaine de journée, la monarchie de juillet est née. En réalité ce n’est pas avant 1835 que le régime est stabilisé c’est à dire que le régime parvient à éliminer ce qui sont ses adversaires mortels.

La révolution a été faite par le peuple de Paris largement mené par les Républicains. Louis Philippe porte le titre de Roi des Français dans l’Europe du Congrès de Vienne on l’appelle le Roi des barricades, car il a peu de légitimité dynastique mais en réalité c’est un vrai Bourbon et ceux qui ont pensé qu’il serait un Roi républicain se sont trompés. Enfin, le régime est soutenu par des orléanistes car Louis Philippe est Duc d’Orléans. Ces orléanistes sont en réalité divisés quant à leur interprétation et de la Révolution et du jeu des institutions. Au fond, ils n’imposent leurs solutions que pour deux raisons :

  1. les opposants au régime manquent de soutient dans le pays
  2. La France est faiblement politisée

Paragraphe 1 : le Roi des barricades

  • Les circonstances révolutionnaires de l’accès au trône d’un Prince du sang

Qui sont les acteurs de la Révolution ? Les insurgés : les étudiants, les artisans, les gardes nationaux…

Ceux qui font la Révolution sont les groupes sociaux qui sont extérieur à la vie politique. Ces insurgés vont faire l’objet d’une mystification rapide puisque dès décembre 1830, Delacroix a fini de peindre son tableau « la liberté guidant le peuple ». Les républicains sont ceux qui ont militairement mobilisé les insurgés, et sont pour beaucoup d’entre eux, des anciens officiers de l’armée impériale ou des descendants des militaires de l’armée napoléonienne et ont gardé l’exaltation du service national à la grande nation. Lafayette va accepter de prendre la tête de la garde nationale, comme en 1789, et poignardera les Républicains lorsqu’il permettra l’intronisation de Louis Philippe.

Troisième type d’acteurs fondamental : les acteurs manœuvriers qui font transformer une révolution populaire en une insurrection de palais : les députés, parlementaires qui ont été réélu après la dissolution qui avait suivi l’adresse des 221.

Charles X retire ses ordonnances et change de ministre. Les députés qui ne sont pas réunis dans un organe institutionnel officiel mais qui ont la qualité de députés, se réunissent en réunion privé, un certain nombre de députés va demander au Duc d’Orléans de prendre position.

Pendant ce temps là, une commission de députés différents qui se réunissent au palais Bourbon va mettre en place une commission provisoire municipale chargée de la défense et du ravitaillement de la ville, coupant l’herbe sous les pieds aux Républicains qui espéraient un gouvernement provisoire c’est à dire d’un gouvernement de transition. Permettant d’arriver à un nouveau régime républicain. C’est un organe conservatoire : il ne veut pas changer les choses ou diriger les changements à venir, son objectif est de maintenir les institutions en place. Le 30 juillet, Adolf Thiers et FrançoisAuguste Mignet, tous deux journalistes du National, l’organe de presse ayant appelé à l’insurrection contre Charles X, rédigent un placard, c’est à dire une affiche anonyme que l’on placarde dans les rues de Paris, et dans laquelle on dit la chose suivante : « Charles X ne peut plus entrer dans Paris il a fait couler le sang du peuple. C’est donc un Roi despotique voire un tyran. La République nous exposerait à d’affreuses divisions (mémoire conservatrice thermidorienne de la Révolution) elle nous brouillerait avec l’Europe. Le Duc d’Orléans est un Roi citoyen, il a porté au feu les couleurs tricolores, et peut seul les porter encore, nous n’en voulons point d’autre. »

C’est le fils de Philipe Egalité, cousin de Louis XVI, révolutionnaire.

En faisait cela, on commence à faire circuler dans Paris, l’idée qu’il y a une solution rapide sans trouble sans désordre à l’insurrection. Le Duc d’Orléans hésite car Charles X est resté aux portes de Paris et n’a pas annoncé qu’il allait reconquérir le pouvoir.

Le 31 juillet, Charles X part de St Cloud pour le Trianon, s’éloignant d’une possibilité de camper devant Paris. Il a donc renoncé à l’option militaire. Il tente de nommer Louis Philippe lieutenant général du Royaume. Louis Philippe, ignore l’action de Charles X et fait publier une proclamation.

Louis Philippe acquiesce la demande faite par les députés mais ignore Charles X, il va tenir son pouvoir des députés et non pas du Roi. De l’assemblée nationale et non pas de la légitimité dynastique. Ce qu’il prévoit n’est pas la lettre de la Charte mais son esprit.

80 députés signent une adresse en réponse au Duc d’Orléans, affirmant que Louis Philippe est acquis à la cause nationale et constitutionnelle, il dit qu’il respectera les droits car « il tiendra de nous, les siens » et ensuite, les députés énoncent un certain nombre de points qui devront être pris en compte.

Dont la responsabilité légalement organisée des ministres, ce qui veut dire que les ministres doivent être responsables politiquement devant la Chambre à savoir, la couleur politique des ministres du Cabinet doit être conforme à la couleur politique de la majorité de l’Assemblée.

Donc, le choix des ministres s’il appartient au Chef de l’État, il doit se faire en accord avec la majorité des députés. Les ministres cessent de n’être que les agents d’exécution au service du Roi.

Pendant ce temps là à l’hôtel de ville de Paris, les Républicains essayent de transformer la commission en gouvernement provisoire. Le Duc d’Orléans se rend avec une escorte non militaire (députés), non armé, du Palais Bourbon et l’hôtel de ville. Il va tranquillement au milieu des insurgés qui sont avant tout curieux. Arrivant à l’hôtel de ville, Lafayette est le duc d’Orléans finissent par apparaître au balcon de l’hôtel de ville, et s’embrassent (=se prennent dans les bras) et à partir de là, les Républicains perdent une de leurs armes essentielles, qui est la notoriété de Lafayette, ils avaient besoin pour réussir, d’une personne susceptible de porter leurs solutions institutionnelles à l’ensemble du pays et Lafayette pouvait être cet homme là, et s’alliant au Duc d’Orléans il ne peut plus. Les Républicains tentent bien que mal tentent d’obtenir des choses de Louis Philippe, prenant des engagements aussi vagues que possibles.

De fait, ignorant la désignation de ministre, Louis Philippe nomme un ministère. Le deux août, Charles X réitère sa proposition d’offre de lieutenance générale à Louis Philippe.

Louis Philippe va inviter son cousin à s’éloigner en direction du Havre, vers l’Angleterre et va lui envoyer une troupe militaire. Charles X abdique, pendant 20 min il y a un nouveau Roi de France, Louis XIX, Duc d’Angoulême, mais abdique à son tour en faveur du fils du Duc de Berry qui devient Henri V, qui sont aussi transportés en direction de l’Angleterre.

Par contre, Henri V dans les années 1840 va recommencer sa sortie au monde politique pour animer les ultras français et va se maintenir dans l’exil jusqu’à sa mort mais en étant le chef de la maison légitime.

Le 3 août, les Chambres réunies proposent à Louis Philippe le trône. Et c’est là qu’il y aura deux interprétations des évènements qui viennent de se produire, toutes deux opposées à l’interprétation des Républicains, pour eux l révolte s’est faite contre Charles X, la Charte et la monarchie : il faut donc une République.

Au sein de l’Assemblée les deux options sont les suivants : une partie des députés considère qu’en réalité, Charles X a été renversé parce qu’il n’a pas respecté l’esprit de la Charte, et la Révolution ne s’est pas faite contre la monarchie constitutionnelle mais contre celui qui avait trahi la monarchie constitutionnelle. En conséquence, il ne s’agit pas d’une révolution institutionnelle mais d’un simple changement de dynastie. Mais pour certains députés ont fois fait le choix de Louis Philippe parce qu’il est de sang royal et donc la Révolution doit remettre la Charte dans sa complète application. Application parlementaire. Et l’évolution des choses doit s’arrêter là, c’est à dire, pour ces gens que l’on appellera les orléanistes, la Charte et la Révolution de 1830, est l’aboutissement de la Charte comme mettant en place une monarchie constitutionnelle parlementaire.

Une fois que la Révolution est faite, il faut d’arrêter là.

Pour d’autres, le parti du mouvement l’ont choisi : Louis Philippe quoi que Bourbon, interprétation telle qu’on a voulu la faire en 1789-1791, semble avoir les qualités pour imposer ou permettre un système monarchique qui assure la modération politique et c’est l’interprétation d’un Roi qui exerce un pouvoir neutre, au dessus du jeu politique qui permet de réguler. Ca n’est donc pas un Roi gouvernant, c’est un Roi régnant, c’est à dire ça n’est pas un Roi chef de l’exécutif mais chef de l’État. Et pour les Orléanistes du mouvement, 1830 est un point de départ.
Stabilisant les choses pour éviter la République effrayante, les institutions sont appelées à évoluer.

Dès lors, on commence à élaborer dès le 4 août une réforme de la Charte de 1814.

Les ministres admettent d’examiner les propositions que certains députés républicains font.

Et le 6 et 7 août on discute du projet de révision.
Deux choses sont à retenir : le préambule qui permettait d’inscrire le régime de la Restauration dans la continuité de l’AR, est supprimé, ensuite, le pouvoir royal de faire des ordonnances disparaît. La conclusion de la Charte révisée, mais en exergue le caractère contractuel de la nouvelle Charte. Et on rajoute à la Charte le fait que c’est un pacte, pacte entre deux entités préconstituées : la Nation et le Prince. La Charte révisée est proposer au Roi et il n’a qu’une seule option : il accepte ou refuse, l ne participe pas au pouvoir constituant et donc, il tient son pouvoir de la Nation.

Par ailleurs, la Chambre des Paris a été laissé à côté du processus.

Le 9 août, Louis Philippe devient Louis Philippe 1er, Roi des Français.

Il est le premier d’un nouveau type de monarchie. La naissance de la monarchie de Juillet est plus le fait d’une révolution de palais que l’insurrection des Trois Glorieuses. Louis Philippe a permis de sauver la monarchie constitutionnelle et il met fin à la tentative de Charles X de nier, d’annihiler l’héritage révolutionnaire, on a donc progressé dans la figure institutionnelle de ce que devait être un Roi. Le Roi n’est pas souverain.

Mais Louis Philippe a été une erreur de casting.

  • Une personnalité à contre-emploi du rôle qui lui était destiné

Formellement, Louis Philippe accepte les formalités.

C’est d’abord le recours à une figure traditionnellement de chef d’État et ensuite c’est un rempart à la République dont la représentation était en 1830 celle de la Terreur.

La formule attribuée à Tiers « Le Roi règne et ne gouverne pas. »

Parce que la légitimité de Louis Philippe était faible, on pensait qu’il ne pourrait pas se passer du soutient des institutions de la Nation. En effet, trois éléments montrent la faiblesse de sa légitimité :

  1. S’il est membre de la famille royale, il n’est ni l’héritier du trône, ni appelé au trône par le Roi. Il est donc pour les légitimistes un usurpateur.
    2. Louis Philippe a été appelé que par une soixantaine de députés et a été intronisé par ce qui restait des institutions de la Restauration.
    3. Si le ralliement de Lafayette a affaibli les Républicains, cela n’a pas conduit les Républicains) adhérer à la solution orléaniste. Le régime, de surcroît, n’a pas été formellement ratifié dans les départements. Il n’y a rien, il n’y a pas de plébiscite ou de validation dans les départements des modifications faites à la Charte. Dans les faits, les gens accueillent plutôt bien le changement. Le régime de la Restauration s’effondre sans résistance. Dans l’Est de la France le changement est bien accueilli, dans l’Ouest, il est difficile d’affirmer que le changement est bien accueilli mais ne déclenche pas de soulèvement. Comité de sûreté pour assurer la tranquillité.
    4. Double épuration des fonctionnaires : fonctionnaires renvoyés (65 des 75 commandements militaires (…) Toute la haute fonction publique est renvoyée. Les légitimistes démissionnent car ils ne veulent pas servir un usurpateur.

Et ce changement va faire que très rapidement l’administration est au pas.

Concernant Louis Philippe, il a 56 ans, il est encore alerte. Mais en 1848, il est gâteux, et ce qui va justifier son évolution politique de plus en plus conservatrice, de plus en plus sclérosée, bloquée.

Ce qu’il accepte par jeu politique à 56 ans, n’en voit pas l’évolution à 74 ans, ça va être une des raisons de l’échec. Il a été le plus gros bénéficiaire du « milliard des émigrés », il n’est pas ennemi de Charles X. Il va se mettre en scène comme étant un Roi bourgeois, citoyen, rendant compatible la figure institutionnelle avec la nouvelle sociologie de l’État. C’est une France nouvelle dans laquelle Louis Philippe reçoit à sa table, des banquiers des hommes d’affaires, il envoie ses enfants au lycée et ses enfants ne sont plus entre les mains de précepteurs qui font habituellement l’éducation des Princes. (Fénelon ou Bossuet)

Dans l’Europe du Congrès de Vienne, il est très mal vu et pourtant il a permis d’éviter la République. Et là ce qui va jouer le plus pour le jeu institutionnel.

Tandis qu’on avait espéré de lui qu’il s’effacerait, Louis Philippe est très imbu de son pouvoir. Il n’est pas là pour parader sur son cheval, il entend bien exercer son pouvoir.

Le paradoxe est même qu’en réalité que Louis Philippe a plus de sang capétien qu’en avait Charles X. Pendant son règne il va mettre tous les mécanismes à sa disposition pour assurer l’exercice d’un pouvoir personnel, il n’entend pas se soumettre à la volonté des assemblées.

Paragraphe 2 : l’orléanisme en question

Qu’est-ce que l’orléanisme ?

En 1848, le régime s’effondre en une journée comme un château de carte, et ce faisant on balaye la solution monarchique en France. Donc qu’est-ce que cet orléanisme ?

Ca n’est pas une idéologie, ça n’est pas un parti politique. C’est un positionnement relatif dans le contexte de la France des notables. Il existe deux orléanismes : le conservateur, celui de la Résistance, le progressiste celui du mouvement.

Voyons les divisions internes des partisans du régime à propos de l’interprétation de la Révolution et de la solution institutionnelle :

Le mouvement considère que 1830 est un nouveau départ que la Roi n’est qu’un Président de la République héréditaire.

Les hommes du mouvement considèrent nécessaire de tolérer les mouvements populaires car le régime doit rester en accord avec le peuple. Deux groupes à la chambre représentent le mouvement : l’opposition dynastique qui votera en fonction des avantages qu’elle retirera d’un texte, elle ne fait ni partie de la majorité ni de l’opposition. Et il y a le centre gauche dont le président est Adolf Tiers.

La résistance, mots de Casimir Perrier, un des hommes forts de la Monarchie de Juillet « Il n’y a pas eu de Révolution, il a eu un simple changement dans la personne du Chef de l’État »

A l’extérieur, les hommes de la résistance ne veulent pas remettre en cause les traités de 1815 et à l’intérieur il s’agit de museler les mouvements populaire, c’est la bourgeoisie qui ne veut se laisser faire par le peuple.

  1. Les oppositions faibles et maîtrisées

Ces oppositions sont à l’extérieur du régime.

  1. Le retrait politique des légitimistes

Ils sont fidèles à Charles X et s’opposent à tout ce qui s’est fait en Juillet car c’est une usurpation. En réalité, les légitimistes sont beaucoup trop farouchement combattus par les Républicains pour avoir une réelle influence. En décembre 1830, a lieu le procès des Ministres de Charles X et en particulier de Polignac, et le Roi à toutes les peines du monde pour éviter que le procès ne tourne à l’émeute et que les ministres ne soient pas écharpés par le peuple qui réclament vengeance des morts sur les barricades. Ils sont d’abord condamnés à la détention perpétuelle. Et en 1836, on transformera leur peine en un établissement hors de France.

On soupçons l’archevêque de Paris d’avoir célébré la mort du Duc de Berry en l’Église de St Germain → émeute. Et Lafitte à la tête du gouvernement va tolérer ce qui s’est passé accusant les prêtres et les légitimistes d’avoir provoqué le peuple. En 1832, la Duchesse de Barry débarque à Marseille qui va essayer en vain de soulever des légitimistes.

Les conservateurs vont participer à la modernisation économique de la France, ils investissent dans des machines qui vont permettre d’augmenter les rendements ruraux ce qui va permettre de libérer une main d’œuvre qui va alimenter les industries naissances et les légitimistes vont participer donc à la modernisation économique du pays.

Plus dangereux sont les Républicains qui se sont faits volés la République.

Les Républicains durant tout l’Été 130 soutiennent la mobilisation des insurgés.

En décembre 1830, un groupe politique se forme de façon à politiser les insurgés de Juillet. Ils vont être à l’origine des émeutes lors des procès des ministres. Louis Philippe joue habilement. Il va utiliser l’instabilité que provoque les Républicains pour décrédibiliser les ministres du mouvement. La mise à sac de l’archevêché de Paris provoque un conflit politique et les ministres du mouvement sont accusés de laxisme et de favoriser la Révolution.
Casimir Perrier, meneur la Résistance remplace Lafitte. Il souhaite rétablir l’ordre, l’ordre des notables. En 1831, on réorganise la garde nationale et on la transforme en une force municipale vouée au maintien de l’ordre et de la propriété. Pour éviter que la garde nationale ne soit peuplée de petits bourgeois proche du peuple, on impose un minimum d’équipements à avoir sachant qu’ils doivent payer leurs équipements, il s’agit dans Paris que la garde nationale soit formée par les bourgeois pour pouvoir réagir au mouvement de l’Est parisien.

En 1834, on permet à la GN d’ouvrir le feu sur les attroupements après 3 sommations. Un mouvement en 1831, à Lyon va provoquer un premier mouvement de remise à l’ordre : la révolte des Canut. Schématiquement, à Lyon il y a les Soyeux qui sont les marchands de Soie, et les Canut qui sont les ouvriers de la Soie. Les Canut sont propriétaires de leurs ateliers dans les montagnes de la croix rousse, dans lesquels ils emploient leurs ouvriers, et on ne les paye pas à l’heure travaillée mais à la place fournie aux Soyeux. Les Soyeux, imposent autant que faire se peu, une baisse des tarifs → augmentation du temps de travail pour les ouvriers et les Canut, et baisse des revenus.

En octobre, les Canut, dans un mouvement non politique, demandent au préfet du Rhône de jouer les intermédiaires pour négocier un tarif avec les Soyeux. Or, le code civil impose la liberté contractuelle. L’État a l’obligation de ne pas intervenir dans les négociations commerciales, ce n’est pas de son ressort, ça c’est dans le ressort de l’autonomie au sein de la société. Donc certains Soyeux dénoncent l’accord et en appel au gouvernement pour destituer le préfet qui est sorti hors de ses fonctions. Les Canut ne sont pas politiser, ils vont reprendre le travail mais entre temps, un certain nombre de sociétés républicaines ont commencé à noyauter les Canut et à les inciter à prendre la ville.

En décembre, le Maréchal Soult reprend la ville, le Préfet est révoqué et le tarif est annulé. La reprise en main de la ville de Lyon par la force armée scelle la rupture entre la résistance et le mouvement. Les clubs républicains vont se radicaliser, des campagnes de presse vont se déchaîner contre le Roi, provoquant des saisies de journaux et des procès.

En juillet 1832, les obsèques du général Lamarque, pour éviter que les Républicain ne refassent des insurrections on interdit les attroupements du coup, quel meilleur moyen de faire un regroupement non politique que de suivre les obsèques de quelqu’un. Lamarque était d’autant plus un républicain convaincu. L’épidémie de choléra qui fait entre 15 et 20 millions de morts à Paris (dont meurt Lamarque et Perrier). Ils tentent une émeute et en réalité l’émeute est provoquée par les étudiants et les clubs républicains ave les leaders républicains, incapables de prendre le relai. Il se méfie de ce qui se passe. En 1834, le code pénal interdit les associations de plus de 20 membres, ce qui provoque une série d’émeute à Paris

Paragraphe 3 : Une position fragile dans l’ « Europe de Vienne »

En août 1830, la Belgique va se soulever contre le prince gouverneur de Hollande et Louis Philippe va soutenir l’indépendance belge précisément pour affirmer la place de la France comme une puissance d’ordre en Europe. En Pologne, il y a un soulèvement en 1830 dans la continuité française, contre la Russie, elle sera écrasée par des russes. En Orient, les enjeux sont sur le dépeçage de l’homme malade de l’Europe qu’est l’Empire ottoman, la France souhaite soutenir l’autonomie égyptienne et la puissance égyptienne montante contre l’Empire ottoman. Les anglais s’opposent à la France dans ce domaine.