La peine de mort au Moyen-âge (écartèlement, décapitation…)

 La peine de mort au Moyen-âge

  • La pendaison

C’est une peine réservée aux roturiers car elle est plus humiliante. Les roturiers sont pendus là où les nobles sont décapités. Mais les corps des nobles décapités peuvent être suspendus. Les gibiers de potence sont les voleurs récidivistes, les crocheteurs, les larrons, les coupeurs de bourse (pickpocket). La peine de pendaison s’applique aux autochtones et aux étrangers. On condamne également à la pendaison les meurtriers et les voleurs qui ont généralement un lourd passé judiciaire, parfois les auteurs d’actes de rébellion, les bourgeois, les clercs, les femmes (ex en 1461 à Dijon) elles sont condamnées le plus souvent pour infanticide. En générale les meurtrières et les voleuses ne sont pas condamnées à la pendaison pour ne pas exposer leurs corps, on préfère dans ces cas-là le bûcher, la noyade ou encore l’enfouissement. Les décisions de justice qui condamnent à la pendaison précisent que les condamnés doivent être pendus et étranglés, notamment parce qu’ils ne meurent pas sur le coup lors de la chute. Les soubresauts des corps ajoutent à l’humiliation, au ridicule du supplicier. Parfois les bourreaux favorisent une mort rapide en montant sur les épaules des condamnés ou en retirant l’échelle rapidement. La pendaison ne conduit pas nécessairement à une mort immédiate, il faut attendre qu’une mort naturelle arrive, séparer l’âme et le corps. Les corps des pendus étaient ensuite mis aux fourches patibulaires jusqu’à consomption, ce qui permettait de les priver de sépulture chrétienne.

  • La décapitation ou décollation

C’est une exécution digne des nobles, des seigneurs, des officiers royaux condamnés pour trahison, complot contre le Roi et parfois les bourgeois condamnés pour les mêmes faits subissaient la même peine. Sont également passibles de cette sanction, les soldats, les messagers qui transmettent des informations aux ennemis ou encore les déserteurs. Parmi les rebelles, les roturiers sont pendus et les nobles sont décapités. Les corps décapités étaient ensuite parfois exposés, les têtes placées en haut d’une pique ou dans une cage. Elle se pratiquait en général à la hache et plus rarement l’épée.

  • L’écartèlement

L’écartèlement accompagne parfois la décapitation au regard de la gravité du crime notamment lorsque la trahison est très grave. Le cadavre peut être mis en quartier et on procède parfois à la castration. Les restes du cadavre sont ensuite exposés à différents endroits de la ville ou aux fourches patibulaires où ils resteront jusqu’à consomption.

  • La noyade

Elle intervient lorsqu’un acte de traitrise est plus crapuleux que politique. La sanction doit alors être moins honorable. Par exemple, à Metz, en 1438, un soldat a déserté son poste de guet toute une nuit pour aller boire et jouer aux dés et qui a commis en plus des actes de vol dans la maison où il a passé la nuit, il a donc été condamné à la noyade. Cette peine est parfois pratiquée sur les femmes et dans certaines coutumes, on pratique encore la peine du sac pour les femmes infanticides et les parricides. Elles sont alors liées et enfermées dans un sac avec un chien, un coq, un serpent ou une guenon pour être ensuite noyé.

  • L’enfouissement

Jusqu’au XVème siècle, cette peine est appliquée par quelques coutumes aux larronnesses c’est-à-dire les voleuses récidivistes. La condamnée est enfouie vivante. D’abord, elle est présentée devant une fausse ou un trou avec les bras et les jambes liées parce qu’elle doit faire un aveu public de ses crimes puis le bourreau la pousse dans la fausse et ensuite la recouvrir de terre progressivement en finissant par la tête. Il finira en se livrant à un piétinement frénétique pour l’étouffer plus rapidement. Dans certaines coutumes, cette peine est également appliquée à des hommes pour vol ou meurtre. Au XIIème siècle, à Laon, on pratique un enfouissement partiel préventif pour ceux qui ont rompu leur ban (les bannis revenus avant la fin du délai) ; ils sont enfouis jusqu’au torse, trois samedi de suite ou jours de marché et qui sont donc exposés à la foule pendant une demi-journée, ils sont ensuite expulsés sous la menace d’être totalement enfouis en cas de récidive.

  • Le bûcher

Cette peine s’applique aux crimes qui semblent exiger une purification extrême, obtenue grâce à l’élimination totale du corps. Ce sont par exemple les relations sexuelles contre nature ou interdites (sodomie, bestialité, inceste) l’infanticide, les sacrilèges, l’avortement, l’hérésie etc. Ici, le condamné est attaché à un poteau, parfois en hauteur avec un collier de fer autour du cou puis entouré de fagots auxquels on met le feu. Le corps du condamné n’est pas toujours brulé car en général le condamné meurt asphyxié. Parfois, les bourreaux reçoivent l’ordre d’étrangler discrètement le condamné avant de mettre le feu. Une fois le condamné asphyxié, le bourreau en profitait alors pour éteindre le feu, retirer les fagots puis exposer le corps. Puis le bourreau peut remettre le feu surtout lorsque la sentence précise que le condamné doit être « brulé et mis en cendre ».

  • La roue

Ce supplice est infligé aux auteurs de meurtres très crapuleux. Par exemple, à Metz en 1364, la roue est appliquée aux auteurs de l’homicide de deux femmes commis de nuit avec effraction de leur domicile pour leur voler de l’or, de l’argent, des bijoux. Ce supplice intervient après que les corps des condamnés aient été trainés dans les rues puis exposés au pilori. Cette peine s’est surtout répandu au XVIème siècle, elle consiste à attacher à une condamnée, sur une roue de charrette, placée horizontalement sur un axe assez élevée ce qui est une façon d’exposer le corps. Puis on fait tourner cette roue et le bourreau doit lui briser les bras et les jambes avec un bât et provoquer une mort lente par hémorragie interne.

  • La peine des faussaires

Le crime de faux porte atteinte à toute la communauté mais aussi à l’autorité qui est garante de l’authenticité des objets, actes falsifiés comme par exemple les lettres et les seaux falsifiés bafouent l’autorité des Cours de justice. Les pièces de monnaie altérées portent atteinte à l’autorité royale. Cette peine est toujours sévère contre les faux monnayeurs. Les textes prévoient qu’ils devaient être bouillis dans un chaudron mais cette peine est rarement appliquée, on préfère la pendaison. Les faux témoins quant à eux sont aussi sévèrement punis car ils ajoutent le sacrilège aux faux qu’ils ont commis. Ils subissent généralement le pilori avec les pièces falsifiées attachées autour du cou, la langue percée, la rétorsion de la peine ou encore l’amputation de la main droite.

 

       

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