Proudhon, sa vie, ses idées

Le socialisme libertaire : Proudhon

 

Il est né en 1809 et meurt en 1865. il est d’une origine social modeste et est élevé à la campagne. C’est un intellectuel socialiste qui sort donc de la classe populaire, ce qui est original. Il s’en vante de façon brutale. En 1838, il reçoit une pension qui lui permet de faire des études pendant un an à Paris. Il travaille la linguistique et en 1840 il publie Qu’est ce que la propriété ?. Le retentissement est important car des personnes l’admirent. Il est contraint de se remettre à travailler car il perd la bourse qui n’est pas destinée aux socialistes. Il essaye de retrouver sa vie de journaliste. Il est très réservé face à la révolution de 1848 mais il finit par se présenter aux élections et est élu en juin. A l’assemblée nationale constituante, il est très isolé car il est perçu comme un dangereux révolutionnaire. Son activité de journaliste est dangereux car il est incarcéré à la suite de nombreux procès pour en sortir en juin 1952. Il décide de se marier en prison et de la fenêtre de la prison il a choisit une fille au hasard. Il va se réfugier en Belgique en 1858 et publie De la justice dans la révolution et dans l’Eglise. En Belgique, il publie Du principe fédératif en 1863. Sa dernière œuvre est De la capacité politique des classes ouvrières.

 

C’est un penseur et philosophe autodidacte car il a tout apprit tout seul. C’est aussi un journaliste et polémique remarquable. Il a un tempérament batailleur et donc beaucoup de personnes le prennent pour un révolutionnaire alors qu’en réalité il est modéré. Il a eu de l’influence sur la classe ouvrière et sous le second empire il a comprit les inspirations de la classe ouvrière et l’a donc exprimé sans faute. C’est ici qu’il se retrouve opposé à Marx qui n’a pas le fédéralisme de Proudhon.

 

 

P2- La critique économique et sociale

 

C’est là que Proudhon s’est rendu le plus célèbre et pendant longtemps ses contemporains l’ont vu comme un économiste. Il acquiert cette célébrité en écrivant Qu’est ce que la propriété ? (1841). Il perd sa bourse et donc il se retrouve dans la misère. En même temps, cela lui donne sa célébrité d’économiste. 

 

            A- La critique de la propriété

 

Sous le nom de propriété, en réalité, il s’agit du capital et du capitalisme. Dans le cadre de son livre, la définition de la propriété est la somme des abus de la propriété. Ses abus se résument en le capital un produit des intérêts et une rente sans travail. Chez Proudhon, le viol provient du détournement de la plus value par le propriétaire. La plus value n’est pas un mal en soi car c’est la possibilité d’avoir une société plus riche et qui donc satisfait mieux ses besoins.

 

Proudhon part de ce qu’il appelle l’existence d’une force collective. Il raconte l’histoire de l’érection de l’obélisque place de la Concorde en 1840. Il dit qu’il a fallu 200 grenadiers pendant une journée pour la dresser. Le regroupement du travail et une bonne division du travail bien organisée donnent une force qui n’est pas celle des intérêts individuels car elle est plus grande.

 

La question est donc de savoir à qui attribuer le produit de cette force collective du travail. Le propriétaire ou celui qui a organisé le travail ne rend pas aux salariés la totalité du produit issu de cette force collective. En réalité, il se l’attribue et c’est ici que Proudhon dénonce le vol. le capitaliste est donc celui qui détourne à son profit individuel le résultat d’une force collective du travail.

 

Proudhon en déduit que la propriété individuelle des moyens de production est la source de la vision de la société en classes. Face à cela, Proudhon est prudent car il refuse la communauté et il vise ici Cabet. Le communisme est le régime qui prend en compte ou suppose l’impossibilité d’individualiser le produit de la force collective. Proudhon rejette pourtant violemment cela.

 

            B- Le refus de la communauté

 

Première critique de Proudhon, il fait remarquer que la propriété impersonnelle est la pire des propriétés, il dit même que c’est un monstre. La propriété collective aboutit à une dépersonnalisation catastrophique selon lui.

 

Deuxième critique, il fait remarquer que la propriété collective ne fait pas disparaître la propriété. La communauté devient propriétaire or il considère que la communauté, en devenant propriétaire, va également se comporter comme le capitalisme. Pour Proudhon, la communauté viole l’autonomie des consciences, c’est-à-sire qu’il reproche à la communauté de comprimer la spontanéité de l’esprit et du cœur. Elle viole donc le libre arbitre dans l’esprit et l’action.

 

Troisième critique, dont on a des exemples frappants au XX ème siècle, il estime qu’on ne peut fonder une société sur le dévouement. Il voit donc qu’au fond les sociétés communistes sont moralisantes, comme Benjamin Constant qui reproche à Robespierre de vouloir mettre les hommes au couvent. Il nous dit avec un réalisme de juriste qu’en terme de société, il ne veut entendre parler que de doit et avoir, de juste et d’injuste.

 

Quatrième critique, la communauté est l’absolutisme et la destruction de la vie privée. Le communisme est donc une dictature car tout est concentré dans les mains d’une individualité suprême. Dans celle-ci, toutes les individualités sont abolies.

 

La vraie question pour Proudhon n’est donc pas l’abolition de la propriété mais la réforme de la propriété. Cela veut dire que pour Proudhon il y a une forme de propriété qui a une valeur positive et fondamentale.

 

            C- Le mutuélisme ou « la fédération agricole industrielle »

 

Dans ce cadre, il nous donne la bonne définition de la propriété : « une possession individuelle transmissible, susceptible non d’aliénation mais d’échange, ayant pour condition le travail, non une occupation fictive ou ne oisive volonté ». Il y a donc une firme de propriété mais on ne peut pas la vendre, seulement l’échanger. Cette propriété est fondée sur le travail et donc elle porte sur ce que l’on a acquit de nitre travail.

 

La grande idée de Proudhon est qu’à partir du moment où on est capable de soumettre la propriété à la justice, on est capable de purger tous les effets néfastes de la propriété. La propriété retrouve alors des qualités positives, l’une d’entres elles étant le fait qu’elle permet aux individus de sa protéger contre la puissance de l’Etat.

 

Cette nouvelle vision de la propriété implique chez Proudhon une nouvelle forme pour la société.

  • Il y a d’abord une idéal de liberté c’est-à-dire une liberté de production et d’une liberté d’échange. Proudhon est donc partisan de la liberté économique. Il est attaché à cela car il souhaite s’opposer à la passion organisatrice de l’Etat.
  • C’est un idéal de justice qui transforme et encadre la liberté car il ne s’agit pas ici de la liberté des libéraux. L’idéal de justice est présenté par Proudhon comme le fait que la liberté ne parvient pas à de bons résultats en matière de justice et donc il faut faire intervenir la force collective. Il corrige donc les indications du marché.
  • C’est un mutuélisme qui s’établit entre des producteurs individuels. La grande unité de base chez Proudhon est l’atelier. Marx dira d’ailleurs que l’atelier est fini en raison du développement de la manufacture et de l’usine. La mutualité entre les ateliers individuels est le moyen de lutter contre les monopoles selon L’atelier permet donc le lutter contre les grandes puissances économiques. Il se différencie des libéraux car il est sensible aux effets de puissance dans l’économie et pas seulement dans le monde politique.
  • Il y a un idéal de réciprocité dans la circulation des richesses. On a souvent qualifié le socialisme de Proudhon comme socialisme de l’échange. Dans ce socialisme de l’échange faisant circuler la richesse, Proudhon accorde une grande importance à l’organisation du crédit. Il pense qu’un crédit plus facile rendrait la vie meilleure. Il lance donc, quand il est député, l’idée de la banque du peuple en 1849. Il fait un grand discours à l’assemblée législatives La banque du peuple se caractérise par le crédit gratuit. Avec cette banque du peuple, il espère contourner le problème du capitalisme financier par un système intermédiaire qui ne prend pas d’intérêt. La banque met en circulation des bons d’échanges c’est-à-dire une promesse de fournir. Le but de Proudhon est de supprimer l’intérêt qui est le symbole de la rente capitaliste.

 

P3- La critique politique: quelle révolution?

 

Sur cette question, il y a aussi une position paradoxale chez Proudhon. Ses contemporains l’ont vu comme un révolutionnaire et donc il a été mis en prison. Tout est dans la question de savoir les buts de la révolution. Il y a une grande différence entre la révolution sociale et la révolution politique. Il faut même examiner la question du processus révolutionnaire et donc savoir comment guider la révolution.

 

            A- Révolution sociale ou révolution politique ?

 

Jusque 1848, Proudhon ne s’intéresse pas aux questions politiques et disant ne s’intéresser qu’aux questions sociales. Proudhon est surprit par les révolutions de février et donc il refuse dans un premier temps d’en faire partie en refusant que la classe ouvrière est à part. Il va finalement se rallier en se rendant compte qu’il se passe quelque chose. Il y va tout de même à reculons et avec prudence.

 

Il est donc partisan de la révolution sociale. La question sociale est la question la plus profonde et la plus vraie. La question de la forme du régime est superficielle et secondaire. La seule vrai révolution est celle qui résolue la question sociale et donc les questions politiques ne résolvent jamais des questions sociales.

 

Il souhaite que la révolution donne une nouvelle pratique de l’économie. L’important pour lui est le changement de l’appareil de production. L’idée de Proudhon est donc une révolution par le bas car la révolution sera faite par ceux qui en ont besoin donc ceux au premier rang de la production. C’est ici que Marx va critiquer le fait que Proudhon ne s’intéresse pas à la politique car Marx dit qu’il ne peut pas y avoir de révolution sociale sans force politique.

 

            B- Révolution violente ou réformisme?

 

Proudhon récuse toute doctrine de révolution  violente et de coup d’Etat. Il voit la lutte des classes de façon différente que celle de Marx. Selon Marx, la classe ouvrière doit d’organiser politiquement alors que Proudhon demande à la classe ouvrière de s’organiser politiquement. Mais par la suite il va plaider pour la capacité politique ouvrière.

 

Le refus du politique exprime chez Proudhon une crainte de la politique et ici on retrouve son côté libertaire. Selon lui, la politique est toujours violente ou du moins autoritaire. Proudhon fait donc confiance à la spontanéité et liberté des individus. Il refuse donc toute idée de dictature du prolétariat.

 

            C- L’émancipation autonome de la classe ouvrière

 

C’est le thème de son dernier ouvrage : De la capacité politique des classe ouvrière. Ce livre contient deux idées essentielles. La première est que la seule véritable émancipation pour l’homme est une émancipation autonome. La classe ouvrière se libérera elle-même et donc elle ne doit pas se livrer à des leaders politiques susceptible de la diriger. La seconde est que la classe ouvrière doit se faire confiance car elle a développé une pratique donc des mœurs.

 

P3- La critique philosophique : la révolution contre l’Eglise

P4- De l’anarchisme au fédéralisme

 

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