Arrêt Dame Lamotte, CE 17 février 1950

Arrêt CE 17 février 1950 Dame Lamotte (Recours pour excès de pouvoir – Étendue)

Résumé de l’Arrêt Dame Lamotte du Conseil d’État du 17 février 1950 : Le principe général du droit indique qu’une décision administrative peut faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir

La loi du 27 août 1940 prescrivait aux maires de dresser la liste des exploitations abandonnées ou incultes depuis plus de deux années et permettait au préfet de concéder celles abandonnées, sans même attendre les résultats de cet inventaire, pour mise en culture immédiate.

Pour empêcher le recours au Conseil d’État, le législateur avait fait voter une loi supprimant tout recours possible contre les actes de concession.

Cependant, le Conseil d’État a considéré que cette loi ne pouvait avoir pour effet d’exclure le recours pour excès de pouvoir, destiné à « assurer, conformément aux principes généraux du droit, le respect de la légalité ». Cette jurisprudence fait du recours pour excès de pouvoir un instrument général du contrôle de la légalité et a été confirmée dans de nombreux arrêts depuis.

Il en résulte que le gouvernement ne peut, ni dans l’exercice du pouvoir réglementaire autonome qu’il tient de l’article 37 de la Constitution, ni dans celui du pouvoir de prendre des ordonnances qu’il tient de l’article 38, soustraire certains de ces actes à tout contrôle juridictionnel, soit en écartant le recours pour excès de pouvoir, soit en prononçant la validation de certaines décisions administratives.

La jurisprudence Dame Lamotte se révèle ainsi être une sauvegarde du contrôle de la légalité contre la tentation que pourrait avoir le gouvernement de limiter ce contrôle grâce à son pouvoir réglementaire élargi.

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