Étienne Cabet, le communisme utopique

Cabet et le communisme utopique

 

Il est né en 1788 et meurt en 1856. Il écrit notamment : Réalisation de la communauté d’Icarie (1847), Voyage en Icarie (1842). Il est avocat et est un opposant libéral sous la restauration. Après la révolution de 1830, il est nommé procureur général en Corse mais il est vite révoqué car il est républicain. Il devient député puis est obligé de s’exiler car il est poursuivit pour des délits de presse et part donc en Angleterre. Il y découvre l’utopie de Thomas More. Il écrit en 1830 le voyage en Icarie et en 1846 il écrit le vrai christianisme suivant Jésus Christ. Il revient en France après 1846 et il se lance dans la fondation d’un groupe communiste. Ce groupe a l’idée de fonder aux Etats Unis une société parfaite qui sera le modèle de base. Il sera poursuivi pour avoir fondé une secte sous la Monarchie de Juillet. Le premier départ pour l’Amérique a lieu en janvier 1848. il part en décembre 1848 pour fonder cette nouvelle communauté. C’est une communauté qui va vite connaître des tensions et Cabet sera lui même chassé de cette communauté. Elle continuera de vivre mais pas dans une formation structurée.

 

            A- Les idées communistes de Cabet

 

Le bonheur commun est l’accomplissement des droits de l’Homme. C’est la première affirmation de Cabet. Il faut se demander pourquoi il en arrive à penser que la seule manière de réaliser les droits de l’homme est de vivre en communauté. Pour lui, la communauté permet de porter remède à la société. Il part de façon moderne de l’idée des droits de l’homme et de la nécessité de les réaliser. Il y ajoute des devoirs de l’homme et donc im prend du recul ou limite l’aspect individualiste des droits de l’homme. Il reconnaît que ni la propriété ni la communauté ne sont des choses naturelles ou qui s’imposent. Il estime qu’il faut partir du principe d’égalité pour savoir comment on la réalise.

 

Il considère qu’il n’y a vraiment de société entre les hommes que si celle ci est librement et volontairement consentie. Pour lui, l’intérêt commun des associés est de garantir leurs droits naturels et donc d’empêcher les plus forts à les réprimer. Il dit que « c’est de maintenir et perfectionner l’égalité naturelle ». Il insiste donc plus que les autres sur l’idée d’égalité naturelle. A terme, il ne peut y avoir selon lui de véritables sociétés temps qu’il y a une division entre les riches et les pauvres. On comprend donc qu’il introduit l’idée d’égalité réelle et donc il ne se contente pas de l’égalité juridique de 1789.

 

Deuxième affirmation, la communauté est la seule solution selon lui. Pour lui, la communauté est le seul moyer de donner du bonheur aux hommes.

 

            B- Les principes fondamentaux de la communauté

 

Le premier est l’égalité parfaite des droits et devoirs entre les hommes. Le deuxième est la communauté des biens et donc Cabet abolie la propriété et la monnaie. L’activité économique est une exploitation commune des biens qui appartiennent à tous. Il y a donc une unique industrie qui est gérée et exploitée en commun. Concernant les échanges, Cabet les donne à la communauté et donc c’est la communauté toute entière qui a le monopole du commerce extérieur. Dans la communauté, il n’y a pas vraiment de commerce. Concernant le travail, Cabet est un homme de son temps et comme Fourrier ou Buchez il a observé la naissance de la société industrielle et donc il a ne hypothèse propre à l’utopie : le travail va devenir attrayant et court et tout cela sera facilité par le machinisme. Le travail est considéré comme une fonction publique dans la communauté, ce qi signifie que le travail est général et obligatoire. Le travail collectif tient lieu d’impôt.

 

La question qui se pose est celle de la quantité de travail que doivent fournir les individus. Cela est lié à l’évidente inégalité d’aptitude et de force physique. C’est un problème qui se pose pour tous les utopistes. Cabet répond que chacun travail le même nombre d’heures par jour suivant ses moyens et il reçoit une part égale suivant ses besoins. On voit donc que l’idée communiste de Cabet est donc que tout le monde reçoit ne part égale en fonction de ses besoins alors que les hommes de la communauté a les mêmes besoins. Du coup, il répond que le talent et le génie n’ont pas besoin d’être récompensés particulièrement car tout vient de la société. Cette utopie n’a jamais fonctionné car elle était inégalitaire dans la rétribution.

 

Il y a aussi une vie commune. Cabet ne veut pas d’un communiste austère mais son organisation réelle est tout de même austère. En terme de nourriture, vêtement, logements,…, Cabet maintient l’idée d’égalité car tout le monde aura les mêmes choses prévues par la loi. Cabet veut d’abord le nécessaire et le vital puis l’agréable après dans les limites de la raison. Il ne se rend alors pas compte qu’il met en place l’austérité car il uniformise tout car selon lui il n’est pas question que des différences apparaisses entre les hommes. La perte d’individualité est nécessairement austère. Au final, la peur de la différence introduit l’austérité chez Cabet.

 

Il y a une stricte moralité. Le communisme ne va pas sans une stricte moralité. Le mariage est libre chez Cabet ainsi que le divorce mais il refuse absolument tous les vices et la débauche. Il reste donc attaché à la monogamie et la morale chrétienne. Il a un fort moralisme car il insiste beaucoup sur les devoirs de l’homme. Cela fait que les femmes restent soumises et vouées à leurs fonctions traditionnelles chez Cabet.

 

            C- Les institutions

 

Il se contente d’appliquer la logique démocratique et de souveraineté du peuple. Il y a donc une fonctionnement démocratique pour et direct. L’organe principal est le législateur car la loi est l’expression de la volonté générale. L’exécutif existe mais il est soumis au législatif. Le judiciaire n’existe pratiquement pas car les fraudes et délits n’existent quasi pas. La personne centrale et le peuple qui vote les lois en assemblée. Au fond, le communisme de Cabet est une communauté qui contrôle directement ses membres.

 

            D- Les conditions de réalisation de la communauté

 

Cabet reconnaissant une période transitoire qui variait selon le pays dans lesquels on allait installer la communauté. Il reconnaît donc qu’on ne peut pas immédiatement supprimer la propriété sans recourir à la violence mais il refuse la violence. Il récuse tout passage violent ou révolutionnaire au communisme. Il refuse cela car il fait remarquer que les révolutions atteignent rarement leurs buts, qu’une révolution avortée fait plus de mal au peuple et que la révolution reste toujours la même chose peu importe les mains dans lesquelles elles sont.

 

La solution selon lui est de faire comme Jésus Christ. « En prêchant, en écrivant, en persuadant, en convaincant les riches et les pauvres jusqu’à ce que tous, peuples, électeurs, législateurs et gouvernants soient gouvernés aux principes de la communauté ». Il s’agit donc de passer au communisme en convertissant les hommes. Il pense sincèrement que les riches peuvent être convertis.

 

Il faut un rapprochement fort avec le christianisme. Les communistes sont les disciples et les continuateurs de Jésus Christ selon lui. Le communisme est la simple mise en application du christianisme.

 

Conclusion

Le refus de la violence chez Cabet est aussi le refus du moyen politique. Il souhaite créer un modèle exemplaire. La communauté échoue très vite. Il faut comparer à la même époque aux Etats Unis une formidable floraison de communautés religieuses. Ces communautés religieuses ont duré, contrairement aux communautés politiques. Apparemment, l’idée d’une communauté réussit sur le plan religieux mais pas sur le plan politique.

 

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